Pékin réfute les accusations de Washington de piratage informatique

  21 Décembre 2018    Lu: 1030
Pékin réfute les accusations de Washington de piratage informatique

Le ministère chinois des Affaires étrangères a fermement rejeté vendredi les accusations émises par les Etats-Unis selon lesquelles la Chine mène des opérations d'espionnage économique, et a demandé à Washington de retirer l'acte d'accusation visant deux ressortissants chinois soupçonnés de piratage.

Le département américain de la Justice a dévoilé jeudi l'acte d'accusation de deux ressortissants chinois soupçonnés d'avoir piraté les systèmes informatiques de nombreuses entreprises et services publics américains, dont la Marine et la NASA.

Londres et Washington ont par ailleurs accusé jeudi Pékin de violer les accords sur le cyberespionnage à des fins commerciales conclus en 2015.

"Nous demandons aux Etats-Unis de remédier immédiatement à ses erreurs et à cesser ses diffamations relatives à la sécurité informatique", a dit le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué, ajoutant que la Chine prendrait les mesures nécessaires pour veiller à sa propre cybersécurité et à ses intérêts.

C'est de longue date un "secret de Polichinelle" que les agences américaines ont piraté et mis sur écoute des gouvernements étrangers, des sociétés et des individus, est-il écrit dans le communiqué.

Les deux hommes inculpés par le département américain de la Justice, identifiés sous les noms de Zhu Hua et de Zhang Jianguo, auraient dérobé des données commerciales et technologiques confidentielles. Selon l'administration américaine, ils travaillaient pour le compte du ministère chinois de la Sécurité publique.

Outre l'US Navy et la National Aeronautics and Space Administration, plusieurs acteurs de l'aéronautique et de l'aérospatiale ont été visés, selon l'acte d'accusation.

Des entreprises du secteur bancaire et financier, des télécommunications, de l'électronique grand public, de l'industrie pharmaceutique, des technologies de production et de prospection pétrolière et gazière ont aussi été touchées.

"L'objectif de la Chine est tout simplement de remplacer les Etats-Unis en tant que première puissance mondiale et ils (les Chinois) utilisent des méthodes illégales pour y parvenir", a déclaré Chris Wray, directeur du FBI, lors d'une conférence de presse.

"Aucun pays ne représente une menace à long terme plus importante et plus grave", a-t-il ajouté.

"Cette campagne montre que des membres du gouvernement chinois ne respectent pas les engagements pris par la Chine envers le Royaume-Uni dans le cadre d'un accord bilatéral de 2015", déplore quant à lui le gouvernement britannique dans un communiqué.

Ces intrusions entrent dans le cadre d'une campagne baptisée Cloudhopper. D'après les autorités américaines et britanniques, elle consistait à pénétrer les réseaux de prestataires de services informatiques pour s'attaquer à leurs clients. Parmi les victimes du secteur informatique, figurent Hewlett Packard Enterprise et IBM, selon une sources proche de l'enquête.

Les pirates à l'origine de l'opération, qui dure depuis plusieurs années, se sont introduits à de nombreuses reprises dans les réseaux d'HPE et d'IBM, et y ont été actifs parfois pendant des semaines, voire des mois, a-t-on précisé de source informée. IBM a ouvert une enquête cet été et HPE, début 2017.

Les relations diplomatiques et commerciales déjà tendues entre Washington et Pékin se sont encore détériorées récemment avec l'arrestation à la demande des Etats-Unis de Meng Wanzhou, directrice financier du géant chinois des télécommunications Huawei Technologies à Vancouver.


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