"L`Union européenne n`enverra pas de troupes combattre Boko Haram"

  27 Octobre 2015    Lu: 272
"L`Union européenne n`enverra pas de troupes combattre Boko Haram"
Elle privilégie une assistance logisitique et financière, derrière un leadership africain, selon Nicolas Berlanga Martinez, dans un entretien à Anadolu.

Contrairement aux Etats-Unis qui ont récemment dépêché 300 soldats au Cameroun pour participer à la lutte africaine contre Boko Haram, l`Union européenne (UE) "n`interviendra pas militairement dans le Bassin du Lac Tchad" contre ce groupe armé, a révélé lundi, dans un entretien avec Anadolu, l`ambassadeur de l`UE à Lomé, Nicolas Berlanga Martinez.

"Si vous entendez par intervention, une intervention directe des troupes de l`Union Européennes, vous ne verrez probablement pas cela" a déclaré Martinez à Anadolu, expliquant privilégier d`autres formes d`interventions européennes, s`inscrivant toujours "derrière un leadership africain".

"l`UE est favorable à un partenariat présentant plusieurs volets, y compris une assistance financière. Dans cela, l’Union Européenne est déjà active, mais doit s`inscrire derrière un leadership africain" poursuit l`amùbassadeur.

Outre les assistances logistiques s`inscrivant, plus globalement, dans le volet des aides sécuritaires, l`Union européenne intervient fréquemment en faveur des déplacés victimes de Boko Haram. Plus de 123 millions en 2015 et 107 millions € en 2014 ont été débloqués pour venir en aide aux populations sinistrées, selon des chiffres récents de la Commission européenne.

S`abstenant de commenter le récent déploiement de quelque 300 soldats américains dans le Nord du Cameroun, le diplomate européen a seulement indiqué "qu’il ne s’agit pas d’une question de concurrence entre les Etats-unis et l’Union Européenne."

"L`Union Européenne demande et plaide toujours d’abord en faveur de la légitimité internationale, c`est-à-dire l’appui clair et net du conseil de sécurité des Nations Unies, ensuite plaide et encourage un leadership africain." a-t-il poursuivi sans dire si la décision américaine, prise en dehors de tout appui onusien préalable, est criticable.

Détaillant les modalités de l`action europpéenne contre Boko Haram, l`ambassadeur a précisé que "l’Union Européenne a déjà montré à plusieurs reprises aux institutions continentales, dont l’Union Africaine et même aux différents pays africains concernés par les exactions de Boko Haram, une disposition à appuyer une "force multilatérale" contre ce phénomène de Boko Haram."

Pourtant, cette force multilatérale, réunissant le Bénin, le Cameroun, le Niger, le Nigéria et le Tchad, et répondant à l`acronyme de FMM (Force Mixte Multinationale) peine toutefois à voir le jour. Alors que le Ministre de la défense camerounais a récemment déclaré à Anadolu qu`elle n`était désormais tributaire que d`une résolution des Nations-unies la validant, des observateurs pointent du doigt un manque de préparation, tant au niveau stratégique que logisitique. Ce qui pose la question des moyens.

"Il ne faut pas oublier que le volet "sécurité en Afrique" ne peut pas être étudié sans le volet "développement" qui constitue fondamentalement les racines de tous les problèmes qui se posent dans les pays concernés. Les inégalités ont favorisé l’émergence de ces phénomènes sécuritaires. Et à ce niveau s’agissant de Boko Haram notamment, je peux vous dire que l’Union Européenne montre suffisamment de volontarisme pour contribuer à limiter les faits qui ont aidé à l’émergence et à la multiplication des exactions de Boko Haram."a conclu l`ambassadeur européen.

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