La Chine accusée de cyberattaques par Washington, Londres et Wellington

  26 Mars 2024    Lu: 315
La Chine accusée de cyberattaques par Washington, Londres et Wellington

Dans de rares accusations publiques et détaillées désignant Pékin, les gouvernements américain, britannique et néo-zélandais ont dénoncé lundi une série de cyberattaques au cours des dernières années contre leurs institutions politiques. Cette accusation simultanée des trois gouvernements survient dans une démarche apparemment concertée pour demander des comptes à la Chine.

Le ministère américain de la Justice a annoncé avoir inculpé sept Chinois pour une «prolifique opération de piratage informatique à l'échelle mondiale» pendant 14 ans visant à contribuer aux «objectifs d'espionnage économique et de renseignement extérieur» de Pékin. Cette opération a nécessité l'envoi de plus de 10.000 courriels visant des entreprises, des hommes politiques, des candidats aux élections et des journalistes basés aux États-Unis et à l'étranger, a précisé lundi la vice-ministre de la Justice Lisa Monaco.

Selon Washington, un groupe baptisé APT31 est à l'origine de ce «programme de cyberespionnage» qui aurait été géré par le puissant ministère chinois de la Sécurité de l'État depuis la ville de Wuhan. Les pirates ont eu accès à «des comptes de messagerie, des comptes de stockage en nuage (cloud, ndlr) et des enregistrements d'appels téléphoniques», a déclaré le ministère américain de la Justice.

«Défi historique»
Peu après, le vice-premier ministre britannique Oliver Dowden est venu annoncer devant le Parlement à Londres que «des acteurs affiliés à l'État chinois» avaient commis «deux cyberactions malveillantes» en 2020 et 2021. Il a dénoncé des cyberattaques contre des parlementaires critiques de Pékin et contre la Commission électorale du Royaume-Uni. «Il s'agit du dernier épisode d'une série d'activités hostiles de la Chine, qui comprennent le ciblage d'institutions démocratiques et de parlementaires au Royaume-Uni et dans d'autres pays», a-t-il affirmé alors que Londres doit organiser des élections législatives dans quelques mois.

L'attaque contre la Commission électorale avait permis d'avoir accès à des serveurs contenant notamment des copies des registres électoraux avec les données de 40 millions d'électeurs, selon les médias britanniques. Selon Olivier Dowden, ces «tentatives d'ingérence dans la démocratie du Royaume-Uni n'ont pas abouti» et n'auront pas d'incidence sur les prochaines élections.

Mais l'ambassadeur chinois sera convoqué, a-t-il précisé, et deux individus et leur organisation vont aussi faire l'objet de sanctions pour leur «implication dans des cyberactivités malveillantes», au Royaume-Uni et ailleurs dans le monde. Il s'agit de Zhao Guangzong et Ni Gaobin, tous les deux membres de l'organisation APT31, également sanctionnés par les États-Unis.

Se voulant rassurant, le premier ministre britannique Rishi Sunak a déclaré que le Royaume-Uni ferait «le nécessaire» pour assurer sa sécurité et se protéger face au «défi historique» que pose une Chine «de plus en plus affirmée». (AFP)


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