COVID-19: des experts de l'OMS doutent de la nécessité de la dose de rappel

  14 Septembre 2021    Lu: 215
COVID-19: des experts de l AFP

Autre argument qu’avancent les chercheurs: si la dose de rappel n’est pas justifiée par une «analyse solide», la confiance de la population envers le vaccin et surtout dans la valeur de la primo-vaccination peut être minée

L’idée d’une troisième dose, même si elle a fait son chemin en France, aux États-Unis ou en Israël, est prématurée, jugent des experts de l'OMS et la FDA. Ils préconisent la nécessité de vacciner d’abord les personnes non immunisées.

Alors qu’en France la campagne de rappel a débuté ce 13 septembre, la polémique autour de la troisième dose vient d’être relancée par une équipe internationale regroupant des experts de l’OMS et de l’agence du médicament américaine Food and Drug Administration (FDA).

Dans un article publié dans la revue médicale britannique The Lancet, ces chercheurs menés par Philip Krause, Marion Gruber, haute responsables de la FDA en charge de l’autorisation des médicaments aux États-Unis et Ana-Maria Henao-Restrepo, de l’OMS, affirment que pour le moment la dose de rappel n’est pas nécessaire pour la population générale.

«Les preuves actuelles ne semblent pas montrer le besoin d'un rappel pour la population générale, où l'efficacité contre la forme grave de la maladie reste élevée», écrivent-ils.

Suivant d’ailleurs la position de l’OMS, ils insistent sur le fait que dans les circonstances actuelles la priorité reste de faire vacciner les personnes non encore immunisées, car cela permettrait de «sauver plus de vies».

«À ce jour, aucune de ces études n’a fourni de données crédibles prouvant une baisse substantielle de la protection contre la forme grave de la maladie», poursuivent-ils.

Le risque de perte de confiance
Autre argument qu’avancent les chercheurs: si la dose de rappel n’est pas justifiée par une «analyse solide», la confiance de la population envers le vaccin et surtout dans la valeur de la primo-vaccination peut être minée. Les experts pointent également le manque de données suffisantes pour évaluer les effets de la troisième dose.

De plus, ils mettent en garde contre les éventuels risques d’introduction «trop précoce ou trop fréquente» des doses de rappel, surtout s’il s’agit des vaccins à ARN messager ou basés sur les adénovirus.

Vu la propagation des variants, et surtout du Delta, ils proposent de réfléchir sur la possibilité de mettre au point un vaccin adapté concrètement au variant dominant, une stratégie similaire utilisée dans la conception des médicaments anti-grippaux.

Campagnes de rappel
En France, l’injection de la troisième dose a commencé le 13 septembre. Conformément à l’avis de la Haute autorité de santé, la campagne concerne les résidents des Ehpad, les personnes souffrant de comorbidités et susceptibles de développer une forme grave de la maladie. Le seuil initial est fixé à 65 ans.

Aux États-Unis elle débutera le 20 septembre pour les Américains ayant reçu leur deuxième dose au moins il y a huit mois. La mesure va d’abord concerner les soignants et les employés travaillant dans les maisons de retraite, ainsi que les personnes âgées.

Quant à Israël, la campagne de rappel a été ouverte fin juillet. Elle vise des personnes de plus de 60 ans immunisées il y a plus de six mois.

L’Organisation mondiale de Santé a à plusieurs reprises dénoncé la stratégie de rappel en pointant la nécessité d’immuniser ceux qui ne le sont pas encore. Début août, elle a demandé une suspension des vaccins de rappel au moins jusqu'à la fin du mois de septembre. Un appel visiblement ignoré.

Avec Sputnik


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