Des chercheurs et des citoyens qui veulent comprendre. L’éditeur avait imprimé 4.000 ouvrages mais dès le premier jour de vente, 15.000 exemplaires ont été commandés. Mais n’allez pas croire qu’il s’agit de l’engouement de néo-nazis : selon l`Institut d`histoire contemporaine de Munich, à l’origine de cette réédition, les acheteurs sont des historiens ou des scientifiques qui ont un intérêt pédagogique. On trouve aussi des citoyens qui veulent comprendre, lire savoir ce qu’Hitler a vraiment écrit.
"Briser un mythe". Pour Olivier Mannoni, le traducteur français de Mein Kampf, il faut absolument analyser ce corpus. Olivier Mannoni voit son travail comme "une réflexion sur la nature du langage, qui a eu des conséquences dramatiques". "C’est parce qu’un texte aussi violent a été publié qu’on a eu cette idéologie. C’est un document sur la manipulation du langage", analysait-t-il en décembre sur Europe 1. Il estime que traduire correctement Mein Kampf et rendre tel quelle "la pensée incohérente, brouillonne" d’Hitler est essentiel pour les historiens et tout ceux qui cherchent à comprendre l’horreur du nazisme.
"Il s`agit de briser le mythe" martèlent aussi les universitaires allemands qui ont annoté le texte. 3 500 précisions historiques ou critiques ont été ajoutées à ce brûlot antisémite qui expliquait, bien avant l’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir, son projet d’extermination des juifs. Fayard, l`éditeur, ne gagnera aucun argent avec la vente de Mein Kampf dont les bénéfices seront reversés à une association.
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