Russie: la journaliste russe accusée de «justifier le terrorisme» condamnée à une amende

  06 Juillet 2020    Lu: 497
  Russie:   la journaliste russe accusée de «justifier le terrorisme» condamnée à une amende Svetlana Prokopieva, le jour du verdict de son procès, le 6 juillet 2020 ANTON VAGANOV / REUTERS

Une journaliste a été condamnée, ce lundi 6 juillet, en Russie à une amende pour «justification du terrorisme» à cause d'une de ses chroniques, échappant aux six ans de prison requis par le Parquet dans cette affaire qui a indigné les défenseurs de la liberté de la presse.

Svetlana Prokopieva, basée à Pskov (nord-ouest) et qui travaille pour le service russe du média américain Radio Free Europe/Radio Liberty, a été reconnue coupable par un tribunal régional et condamnée à une amende de 500.000 roubles (environ 6.160 euros).

La justice lui reproche un article sur un attentat qui avait visé une antenne des services de sécurité (FSB) en 2018. Un adolescent se revendiquant anarchiste a commis un attentat suicide dans le bâtiment du FSB à Arkhanguelsk (nord-ouest), blessant trois membres des services de sécurité. Quelques jours plus tard, Mme Prokopieva avait lu à l'antenne locale de la radio Echo de Moscou une chronique où elle liait cet attentat au climat politique instauré dans le pays par le président Vladimir Poutine et dénonçait la toute puissance des services de sécurité.

La journaliste de 40 ans avait rejeté les accusations portées contre elle et dénoncé une «vengeance» des services de sécurité pour ses «critiques violentes et manifestement justes». Le Parquet avait requis contre elle six ans de prison et une interdiction d'exercer son métier pendant quatre ans, un réquisitoire qui n'a pas été suivi. À l'annonce de la décision lundi, les soutiens de la journaliste ont crié «honte!» et «elle n'est pas coupable!», selon une journaliste de l'AFP sur place.

Plusieurs ONG de défense des droits humains et les médias russes indépendants ont dénoncé ces poursuites contre Svetlana Prokopieva. Elle «ne faisait que son travail», avait ainsi souligné vendredi l'organisation Reporters Sans Frontières (RSF), mettant en garde contre «un précédent dangereux pour tous les journalistes russes».

La principale organisation russe de défense des droits humains, Memorial, a dénoncé ce lundi une affaire «clairement à caractère politique» et qui vise à «servir d'exemple afin d'intimider les journalistes russes». Des manifestations en solitaire, seule forme de protestation tolérée en Russie, en soutien à la journaliste ont eu lieu ce week-end et lundi à Pskov et à Moscou, et donné lieu à des interpellations. (AFP)


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