Un ex-dirigeant de l`Otan critique la politique de l`Alliance

  15 Février 2016    Lu: 1081
Un ex-dirigeant de l`Otan critique la politique de l`Alliance
L`ancien secrétaire général de l`Otan Javier Solana dénonce le projet visant à déployer des états-majors permanents le long des frontières russes en Europe.
Javier Solana estime que le déploiement de ces états-majors militaires en Europe de l`Est irait à l`encontre de l`Acte fondateur Otan-Russie signé en 1997.
"Je suis très préoccupé par la position que j`ai entendue aujourd`hui [lors des débats à la Conférence de Munich sur la sécurité, ndlr]", a déclaré samedi l`ex-secrétaire général de l`Alliance.

"Un déplacement d`états-majors de l`Otan vers l`Est serait contraire à l`Acte fondateur, document qui nous a permis de mettre en place une structure de coopération avec la Russie. Le Conseil Otan-Russie est l’aboutissement de cet Acte", a indiqué Javier Solana avant de rappeler que les participants à la conférence de Munich avaient sans cesse insisté sur la nécessité de reprendre sinon la coopération, du moins le dialogue avec la Russie.

L`ancien dirigeant de l`Otan a cependant jugé admissible le déploiement de forces multinationales sur le flanc Est de l`Alliance selon le principe de la rotation.

"Le déploiement de forces soumises à un système de rotation est parfaitement normal. Cette pratique se prête à différentes interprétations. Quant aux états-majors permanents, leur mise en place pourrait provoquer une réponse de la part des Russes. Ils diront qu`il s`agit d`une violation de l`Acte fondateur", a affirmé M. Solana.

Lors des débats, Witold Waszczykowski, le ministre polonais des Affaires étrangères, a qualifié la Russie "d`adversaire géopolitique" et a proposé d`annuler la partie de l`Acte fondateur qui engageait l`Otan à ne pas déployer de forces importantes et d`infrastructures supplémentaires dans les nouveaux pays membres de l`Alliance.

"L`Acte fondateur est une déclaration politique et non un document contraignant. Il a été rédigé dans des conditions de sécurité tout à fait différentes et par la Russie de l’époque: celle dirigée par Eltsine avant la seconde guerre de Tchétchénie. Nous [la Pologne et d`autres nouveaux membres de l`Otan, ndlr] n`avons pas participé à la rédaction de cet acte. Pourquoi devons-nous appliquer ses dispositions maintenant que la situation a changé?", a demandé le ministre.

L`avis de Javier Solana est également contesté par le secrétaire général adjoint de l`Alliance, Alexander Vershbow. Selon lui, l`Acte fondateur utilise des "formules souples" qui autorisent le déploiement de certaines infrastructures.

"Selon les termes de ce document, l`Otan doit s`abstenir de déployer des armements importants en Europe de l`Est, mais elle a le droit d`y développer les infrastructures, dont les états-majors, les ouvrages logistiques et de nombreuses autres choses", a indiqué M. Vershbow, qui avait exercé les fonctions d`ambassadeur des Etats-Unis en Russie avant d`être promu à de hautes responsabilités au sein de l`Otan.

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