Canada / Blocage ferroviaire : Trudeau tient au dialogue

  19 Février 2020    Lu: 321
Canada / Blocage ferroviaire : Trudeau tient au dialogue

Le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, a lancé, mardi, un appel au dialogue à l’adresse des « Premières Nations » (autochtones) sur fond de blocage d’une grande partie du réseau ferroviaire du pays.

Trudeau, qui s’exprimait devant les députés, à la Chambre des communes à Ottawa, dans un discours diffusé par des télévisions et des médias locaux, a été relayé dans cet appel par l’Assemblée et le chef des Premières Nations, Perry Bellegarde, qui s’est adressé aux journalistes présents dans la capitale fédérale.

Le trafic est bloqué sur une grande partie du réseau ferroviaire canadien, depuis environ deux semaines, en raison des protestations de plusieurs groupes d’autochtones contre un projet de gazoduc (Le Coastal GasLink) qui traverserait le territoire ancestral des Wet’suwet’en dans la province anglophone de la Colombie britannique (ouest). Les contestataires ont dressé des barrages paralysant ainsi le trafic.

La priorité du Gouvernement, selon Trudeau, demeure de résoudre la crise de manière « pacifique ». Pendant trop longtemps, a-t-il enchaîné, «Nous n’avons pas réussi à agir en faveur de la réconciliation. Il faudra collaborer ».

« Il n’y a pas de relation plus importante au Canada que celle avec les Premières Nations. Je tiens à tendre la main formellement aux Premières Nations », a insisté Trudeau, qui a dû renoncer, lundi, à un déplacement prévu à la Barbade pour assister au Sommet de la Communauté caribéenne (Caricom).

« C’est une occasion de réconcilier les différentes perspectives. Car, quelle est la solution? Voulons-nous un pays de différences irréconciliables? Voulons-nous un pays où les dirigeants ordonnent à la police d’arrêter des gens? », s’est-il interrogé.

« Ce n’est pas la voie à suivre. Nous devons trouver une solution. Nous devons la trouver maintenant », a-t-il encore plaidé, sans pour autant fournir de détails sur le plan envisagé par son cabinet pour dénouer la crise qui se poursuit depuis plus d’une dizaine de jours.

Il convient de noter qu’au terme de son allocution devant les députés, Trudeau a convié pour des consultations les chefs des différents partis politiques représentés au parlement (Bloc Québécois, NPD, Parti vert), à l’exception du patron des Conservateurs, Andrew Scheer, qui a qualifié cette rencontre de « la poudre aux yeux, de la diversion ».

Commentant cette attitude, Trudeau a estimé que le chef du parti conservateur, défait aux dernières élections législatives tenues en octobre 2019 et démissionnaire de son parti, « s’est disqualifié » tout seul par son discours.

Scheer avait, dans son allocution, relevé que la réponse offerte par le gouvernement libéral au blocage est « bien molle à une crise qui affaiblit notre pays ».

Abondant dans le même sens, il a indiqué que Trudeau a « manqué de leadership et n’a pas assumé ses responsabilités » dans ce dossier.

Adepte, à l’instar des militants conservateurs radicaux, de la fermeté, Scheer a lancé : « Nous en sommes à un moment important. Nous devons décider qui nous sommes et ce que nous représentons. Serons-nous un pays qui bâtit de grands projets nationaux, ou un pays où quelques voix peuvent bloquer notre économie? ». (AA)


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