Euthanasie: à la suite d`un témoignage glaçant, la loi revue en Belgique ?

  04 Février 2016    Lu: 872
Euthanasie: à la suite d`un témoignage glaçant, la loi revue en Belgique ?
L`un des pays d`Europe les plus souples en termes de fin de vie s`interroge après un cas d`euthanasie dans des conditions effrayantes pour les proches.
Souvent prise en exemple par les défenseurs du « droit à mourir », la Belgique va-t-elle revenir sur l`euthanasie ? Le partenaire chrétien-démocrate (CD&V) de la majorité fédérale s`appuie sur un cas délicat pour demander une révision de la loi sur l`euthanasie.
Médecin nonchalant

Selon le Vif, un hebdomadaire d`information belge, il y a cinq ans, l`euthanasie de Tine Nys, 38 ans, a été approuvée. Les médecins jugent à l`époque qu`elle souffre, après une séparation, d`une maladie psychique incurable. Selon ses soeurs, Tine a pris conseil auprès de trois médecins qui n`ont pas échangé d`informations entre eux. Interrogées par la télévision belge, elles qualifient l`attitude du médecin chargé de pratiquer l`euthanasie de « nonchalante ». Ce dernier aurait en effet comparé l`euthanasie de Tine à une « injection létale administrée à un animal domestique favori pour mettre fin à ses souffrances ». Deux mois avant son décès, les médecins avaient posé un diagnostic d`autisme. Ses soeurs estiment que les médecins sont passés trop rapidement à l`euthanasie et déplorent qu`ils n`aient pas proposé d`autres traitements. Elles jugent enfin que les conditions de cette euthanasie laissent à désirer : le médecin n`avait pas même pensé à prendre des pansements et est allé jusqu`à demander aux parents d`écouter le coeur de leur fille à l`aide de stéthoscope afin de s`assurer qu`elle était bien morte.
La législation revue ?

Le cas de Tine Nys pousse les politiques belges à s`interroger sur la pratique réelle de l`euthanasie. « Il y a beaucoup de manquements dans la loi, ce qui signifie que ceux qui font preuve de négligence connaissent la protection de cette loi », a ainsi expliqué Steven Vanackere, sénateur chrétien-démocrate, sur une radio belge. La loi prescrit que trois médecins doivent être consultés, mais ne reconnaît pas, selon le sénateur, la nécessité d`un suivi à plus long terme. Jean-Jacques De Gucht (Open Vld), partisan de la loi, se dit également prêt à rouvrir le débat. « Mais les barrières que nous avons prévues existent, argue-t-il. Trois médecins professionnels doivent, en leur âme et conscience, poser le diagnostic que le patient n`est plus en mesure d`être traité, et c`est toujours le patient lui-même qui décide.»

Cette euthanasie abusive, comme le pense la famille de Tine Nys, pourrait en tout cas pousser la Belgique à revoir sa législation qui laisse, selon une députée socialiste, la place à « trop d`incertitudes ». « Le droit à l`euthanasie pour des souffrances psychiques doit demeurer », souligne Karin Jiroflée. Pour rappel, en janvier dernier, le Parlement français a adopté une proposition de loi permettant de plonger dans une sédation « profonde et continue » des patients en phase terminale sans pour autant autoriser l`euthanasie ou le suicide assisté.

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