Rugby: L’Afrique du Sud triomphe de l’Angleterre et empoche sa troisième couronne mondiale

  03 Novembre 2019    Lu: 1142
    Rugby:     L’Afrique du Sud triomphe de l’Angleterre et empoche sa troisième couronne mondiale

L’Afrique du Sud entre dans l’histoire du rugby ! En battant l’Angleterre (32-12) samedi matin à Yokohama en finale de la Coupe du monde, les Springboks ont décroché leur troisième couronne mondiale (1995, 2007, 2019) et rejoignent la Nouvelle-Zélande et l’Australie en tête du classement des nations les plus titrées. Pour la dernière de Rassie Erasmus au poste de sélectionneur, les Sud-Africains ont produit une performance d’anthologie face à un XV de la Rose légèrement émoussé.

La loi du plus fort : les gros bras d’Afrique du Sud ont décroché samedi à Yokohama (banlieue de Tokyo) face à l’Angleterre (32-12), passée à côté d’une finale longtemps fermée, leur troisième Coupe du monde, douze ans après la dernière, et rejoignent ainsi au panthéon la Nouvelle-Zélande.

Le rugby est un sport qui se joue à quinze, et tous les douze ans ce sont les Springboks qui gagnent : douze ans s’étaient ainsi déjà écoulés entre leur premier titre, à domicile en 1995, et leur deuxième, en France en 2007, déjà face au XV de la Rose (15-6). À l’époque uniquement par leurs buteurs, rôle qu’a parfaitement assumé Handré Pollard samedi (22 points) avant que les ailiers Makazole Mapimpi (66e) puis Cheslin Kolbe (74) ne donnent une plus grande ampleur au score.

Le rugby est aussi ce sport qui sacre roi du monde les deux tiers du temps la même équipe (six en neuf éditions). Soit les All Blacks (1987, 2011 et 2015), avec leur jeu de mouvement et de passes, soit les Springboks, dans un style plus direct, frontal et brutal, qui a eu raison des rêves anglais d’un deuxième sacre après celui de 2003. Ainsi que de ceux de l’hémisphère Nord de s’inviter une deuxième fois au festin des nations du Sud.

Cette force traditionnelle, celle de leurs avants massifs (Etzebeth, De Jager, Vermeulen, Mtawarira), leur a permis de revenir de nulle part pour monter sur le toit du monde lors de la première Coupe du monde disputée en Asie. Car deux ans en arrière, ils étaient moribonds, sortant de deux années catastrophiques marquées par des défaites historiques, dont la plus large de leur histoire (57-0 en Nouvelle-Zélande en septembre 2017) et leur première en Italie (20-18 en septembre 2016).

« Pour l’Afrique du Sud »

Branle-bas de combat au pays des hommes forts, où le rugby est un peu plus qu’un sport, un catalyseur d’unité, que symbolise son premier capitaine noir, Siya Kolisi, ovationné avant de soulever le trophée Webb-Ellis.

« Nous avons tellement de problèmes dans notre pays mais une équipe comme celle-ci, qui vient de tellement d’horizons différents, de races différentes.. Nous sommes arrivés tous ensemble avec un seul but et nous voulions l’atteindre. Nous l’avons fait pour l’Afrique du Sud. Ça montre que si on tire tous dans le même sens, on peut réussir quelque chose » a déclaré Kolisi.

Pour sauver les meubles, les dirigeants ont appelé à la rescousse Rassie Erasmus et lui ont donné les pleins pouvoirs, avec la double casquette de sélectionneur et de directeur du rugby de la fédération. L’ancien troisième ligne maison (36 sél. entre 1997 et 2001) est allé à l’essentiel pour remettre de l’ordre dans la maison verte : rigueur et travail dans les rangs, et retour, donc, à l’ordre ancien, après la parenthèse Allister Coetzee, qui avait voulu faire évoluer les Boks vers un jeu plus ouvert.

Cet ordre a eu raison des statistiques, puisque l’Afrique du Sud est devenue la première équipe sacrée championne du monde après avoir perdu un match de poules (contre la Nouvelle-Zélande). Il a surtout eu raison des Anglais, qui ont manqué le coche quand leur capitaine Owen Farrell a raté, à la 54e minute, la pénalité qui aurait permis à son équipe de revenir à 15 à 12. Trois minutes plus tard, Pollard a redonné neuf points d’avance à son équipe (18-9).

Mêlée fermée martyrisée

Le sélectionneur anglais Eddie Jones a donc manqué son objectif d’être champion du monde quatre ans après l’échec du Mondial à domicile, où le XV de la Rose avait été éliminé en poules pour la première fois de son histoire. L’Angleterre, si impressionnante jusqu’ici, balayant l’Australie (40-16) en quarts de finale puis les All Blacks (19-7) en demies, a manqué sa finale. Difficile de ne pas y avoir un lien avec, justement, l’énergie physique et mentale déployée face aux doubles tenants du titre.

Les Anglais semblent ainsi avoir joué leur finale il y a une semaine, tant ils ont été méconnaissables, dominés dans l’engagement mais surtout commettant des erreurs inhabituelles, comme cette passe hasardeuse de Ben Youngs et, dans la foulée, ce coup de pied direct en touche de George Ford (27e).

La charnière anglaise a souffert, comme toute l’équipe, dont Maro Itoje, impérial face aux Néo-Zélandais mais qui a manqué le renvoi, juste après l’égalisation à 3-3 (23e). Dans la foulée, les Boks ont récupéré une pénalité en mêlée fermée pour repasser devant (6-3).

La mêlée fermée, justement, a été la valeur refuge et la pierre angulaire du triomphe des Springboks, qui ont gagné cinq pénalités dans ce secteur (où les Anglais ont été privés dès la 3e minute de leur pilier droit Kyle Sinckler), un chiffre rarement vu à haut niveau. Dont trois (25e, 40e+3, 46e) se sont soldées par des points pour assommer le XV de la Rose et regonfler les Springboks, de nouveau rois du monde. (AFP)


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