Le Danemark autorise la construction de Nord Stream 2

  30 Octobre 2019    Lu: 823
  Le Danemark autorise la construction de Nord Stream 2

Pour ses détracteurs européens ainsi que les Etats-Unis, l'achèvement du gazoduc va accroître la dépendance des Européens au gaz russe.

Le Danemark a autorisé mercredi la construction de Nord Stream 2, ôtant le dernier obstacle à la finalisation du gazoduc controversé qui doit approvisionner l'Europe en gaz russe via la Baltique.

«L'Agence danoise de l'énergie a autorisé Nord Stream 2 à construire une section du gazoduc (...) 2 sur le plateau continental danois au sud-est de Bornholm, en mer Baltique», a-t-elle annoncé dans un communiqué. Le consortium opérant Nord Stream 2 s'est déclaré «satisfait» de la décision des autorités danoises de permettre son passage sur 147 km. Déjà construit à plus de 80%, le gazoduc, qui représente un investissement d'une dizaine de milliards d'euros financé pour moitié par Gazprom, doit permettre le doublement des livraisons de gaz russe à l'Allemagne. Après le feu vert du Danemark, le titre de Gazprom prenait 3% à la Bourse de Moscou à 14h08 GMT.

Pour ses détracteurs européens et les Etats-Unis, l'achèvement du gazoduc va accroître la dépendance des Européens au gaz russe, renforcer l'influence de Moscou, tout en affaiblissant l'Ukraine, allié des Occidentaux sur le territoire duquel transite une grande partie du gaz russe. Ce gazoduc «portera un coup puissant à la diversité et la sécurité énergétique de l'Europe», déclarait récemment le secrétaire américain à l'Energie Rick Perry en Lituanie.

L'Ukraine, la Pologne et les pays baltes craignent que Moscou puisse en user pour exercer des pressions politiques. Selon Rick Perry, Nord Stream 2 passant sous la mer Baltique et le gazoduc TurkStream - qui enverra du gaz russe à la Turquie via la mer Noire - «permettrait à Moscou d'arrêter le transit de gaz par l'Ukraine vers la fin de la décennie». Il doit «faire pénétrer une artère gazière à source unique profondément en Europe et frapper au coeur la stabilité et la sécurité européennes», a encore asséné Rick Perry.

Pour ses partisans en revanche, Allemagne en tête, il s'agit avant tout d'une décision économique permettant de pérenniser les livraisons gazières à l'Europe à un coût acceptable. Début octobre, le président russe Vladimir Poutine avait affirmé que le «petit» Danemark subissait des «pressions» pour bloquer le gazoduc, mais que ce dernier serait construit en contournant les eaux danoises si nécessaire.

«Les États-Unis ont malheureusement toujours été opposés à notre coopération énergétique avec l'Europe», avait assuré le président russe, insistant sur le caractère «économique» et non politique du projet. Copenhague «est tenue d'autoriser la construction de pipelines de transit en respectant les ressources et l'environnement», a souligné l'Agence de l'Energie dans son communiqué.

«C'est une décision purement administrative», avait un peu plus tôt indiqué à la presse étrangère le ministre du Climat, Dan Jørgensen. Plusieurs tracés avaient été proposés, et refusés, mais la route du sud-est qui a finalement été retenue «présente le moins de risques et d'impacts du point de vue de l'environnement et de la sécurité», a-t-elle indiqué. Malgré le permis danois, ce gazoduc controversé est menacé par de possibles sanctions américaines ainsi que par les nouvelles règles de l'UE sur le transport du gaz, qui demandent notamment le «découplage» des activités de production et distribution. Nord Stream 2 prévoit d'entrer en service fin 2019.

Avec AFP


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