Volkswagen: chronologie du scandale du dieselgate

  30 Septembre 2019    Lu: 829
 Volkswagen:  chronologie du scandale du dieselgate

Le premier grand procès de consommateurs s'ouvre ce lundi en Allemagne contre Volkswagen. Retour sur les principales dates de cette affaire qui a entaché la réputation du constructeur allemand.

C'est un scandale sans précédent dans l'histoire de l'automobile allemande. Le «dieselgate» revient ce lundi sur le devant de la scène avec l'ouverture du premier grand procès de consommateurs contre Volkswagen en Allemagne. L'audience, qui devrait s'étaler sur plusieurs années, s'ouvre ce matin au tribunal régional de Brunswick, à une trentaine de kilomètres du siège historique de Volkswagen à Wolfsburg. Elle regroupe des centaines de milliers de clients qui demandent réparation pour leurs voitures diesel truquées. Retour en dates sur cette affaire qui trouve ses origines il y a plus de dix ans.

2006: Volkswagen lance son projet de moteur adapté aux normes anti-pollution américaines, plus strictes qu'en Europe. Un an plus tard, confrontés à l'échec de ce projet, «des employés» développent un logiciel pour contourner les tests de pollution, selon les déclarations ultérieures de Volkswagen à la justice américaine.

2014: une étude américaine mesure des niveaux d'émissions parfois 40 fois supérieurs aux niveaux autorisés. Les autorités demandent alors des explications à Volkswagen, qui n'admet pas de fraude.

18 septembre 2015: Le scandale éclate. L'agence américaine de l'environnement (EPA) accuse Volkswagen d'avoir violé la réglementation anti-pollution à l'aide d'un logiciel capable de tromper les contrôles sur les émissions d'oxydes d'azote (NOx).

22-23 septembre 2015: Tout s'accélère pour Volkswagen qui admet avoir équipé du logiciel fraudeur 11 millions de ses véhicules dans le monde. Son patron Martin Winterkorn démissionne et la justice allemande ouvre une enquête pénale. L'action accuse 40% de baisse par rapport au 18 septembre.

15 octobre 2015: l'agence allemande de l'automobile ordonne à Volkswagen de rappeler 2,4 millions de voitures. Le groupe étend le rappel à l'ensemble des 8,5 millions de véhicules concernés en Europe.

22 avril 2016: Volkswagen affiche pour la première fois en 20 ans une perte annuelle.

28 juin 2016: Volkswagen accepte de débourser 14,7 milliards de dollars pour indemniser ses clients américains, ouvrant la voie au rachat potentiel de quelque 480.000 voitures.

29 juillet 2016: une commission d'experts français ayant testé 85 véhicules diesel décèle des «anomalies» dans un tiers des cas, et n'exclut pas le recours par d'autres constructeurs à des logiciels truqueurs.

11 janvier 2017: Volkswagen plaide coupable aux États-Unis pour fraude et obstruction à la justice.

1er février 2017: Bosch accepte de verser plus de 300 millions de dollars de dédommagement aux États-Unis mais n'admet pas sa culpabilité.

25 août 2017: un ex-ingénieur de Volkswagen, James Liang, est condamné aux États-Unis à 40 mois de prison.

6 décembre 2017: Oliver Schmidt, un ex-dirigeant de Volkswagen, est condamné à sept ans de prison par un tribunal américain.

23 février 2018: le scandale s'étend à BMW. Le constructeur reconnaît avoir «par erreur» équipé des véhicules diesel avec un logiciel non conforme mesurant les gaz d'échappement. Le groupe de Munich, qui a toujours vigoureusement démenti avoir triché, rappelle 11.700 voitures dans le monde.

3 mai 2018: les autorités américaines engagent des poursuites judiciaires contre Martin Winterkorn, l'ancien PDG de Volkswagen, et cinq autres dirigeants du groupe.

13 juin 2018: Volkswagen accepte de payer un milliard d'euros d'amende en Allemagne.

10 septembre 2018: ouverture à Brunswick du procès d'actionnaires réclamant près de 9 milliards d'euros d'indemnités.

16 octobre 2018: Audi, l'une des marques du groupe Volkswagen, accepte de payer 800 millions d'euros d'amende.

24 octobre 2018: Porsche SE, l'actionnaire principal de Volkswagen, est condamné à 47 millions d'euros de dommages et intérêts à des investisseurs.

1 novembre 2018: l'association de consommateurs VZBV dépose une requête groupée.

10 janvier 2019: le constructeur Fiat Chrysler est à son tour touché par l'affaire du dieselgate. Il accepte de verser jusqu'à 515 millions de dollars à différentes autorités américaines qui l'accusaient d'avoir équipé plus de 100.000 véhicules d'un logiciel destiné à fausser leurs émissions polluantes.

25 février 2019: BMW accepte une amende de 8,5 millions d'euros tandis que l'enquête pénale pour «fraude» est classée sans suite.

15 avril 2019: l'ancien patron de Volkswagen, Martin Winterkorn, ainsi que quatre responsables du constructeur, sont renvoyés devant un juge en Allemagne pour «fraude aggravée», «violation de la loi contre la concurrence déloyale» et «abus de confiance».

7 mai 2019: Porsche accepte de payer une amende de 535 millions d'euros.

31 juillet 2019: l'ancien patron et trois cadres d'Audi sont renvoyés devant la justice allemande pour «fraude».

24 septembre 20109: le parquet de Brunswick demande le renvoi pour «manipulation de cours boursier» de l'actuel PDG de Volkswagen, Herbert Diess, de son président du conseil de surveillance, Hans Dieter Pötsch, ainsi que de l'ancien patron, Martin Winterkorn.

24 septembre 2019: Daimler, également éclaboussé par l'affaire, accepte de payer une amende de 870 millions d'euros.

30 septembre 2019: ouverture du premier grand procès de consommateurs en Allemagne contre Volkswagen. Plus de 450.000 personnes se sont inscrites pour cette requête groupée, la première de ce type en Allemagne, selon une procédure adoptée dans la foulée du dieselgate. L'association de consommateurs VZBV fait office de requérant unique. (AFP)


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