Jean-François Mancel: «L'Azerbaïdjan est un pays extrêmement accueillant» - INTERVIEW EXCLUSIVE

  21 Juin 2019    Lu: 4772
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L'Etat français a empêché toutes communes françaises de signer des pactes d'amitié avec des communes situées sur des territoires azerbaïdjanais occupés.

Le président de l'Association des Amis de l'Azerbaïdjan en France, Jean-François Mancel, en visite dans le pays dans le cadre du projet «Découvrons l'Azerbaïdjan», a accordé une interview exclusive à Azvision.

- C'est votre 4ème visite dans notre pays dans le cadre du projet «Découvrons l'Azerbaïdjan», quelles sont vos impressions?

Nous sommes allés tout particulièrement à Chéki, où l'accueil était absolument exceptionnel. La ville de Chéki a un jumelage avec la ville française de Colmar et ce jumelage fonctionne très bien et les visiteurs qui m'ont accompagné étaient enthousiasmés de rencontrer les jeunes élèves des écoles de Chéki qui sont venus leur chanter une superbe Marseillaise. Ça restera un souvenir tout à fait inoubliable.

-Comme vous l'avez dit, cette fois vous avez voyagé à Chéki. Qu'est-ce que vous avez le plus aimé là-bas?

L'Azerbaïdjan est un pays extrêmement accueillant. La population azerbaïdjanaise a un grand sens de l'hospitalité et ils sont très heureux de rencontrer des groupes français. Ce que nous avons constaté ici c'est la laïcité très frappante. Bien que la grande majorité de la population soit musulmane, ici on respecte les religions, convictions, les origines de chacun et ça on ressent où que l'on soit en Azerbaïdjan. Et puis enfin je crois que c'est un pays très intéressant à visiter. Parce que, que ce soit Bakou, qui sait mêler d'une manière absolument superbe la tradition, l'histoire, la Vieille ville et des constructions très futuristes, où une province qui a beaucoup de charme et de merveilleux paysages. Je pense notamment à Chéki. Tout cela passionne mes compatriotes et dès qu'ils quittent l'Azerbaïdjan ils ont tout de suite envie de revenir.

- Le Tribunal administratif de Grenoble a annulé les quatre "chartes d'amitié" signées avec le soi-disant régime créé dans le Haut-Karabakh. Quelles mesures sont prises pour prévenir de tels cas?

Nous nous sommes beaucoup mobilisés pour que les autorités françaises fassent respecter la loi et empêchent quelques communes françaises de signer des conventions avec des communes situées sur les  territoires azerbaïdjanais occupés par l'Arménie. Nous nous réjouissons de ces décisions des tribunaux. Cela montre que l'Etat  français est décidé très clairement à faire respecter la loi et a empêché toutes communes françaises de signer des pactes d'amitié avec des communes situées sur des territoires azerbaïdjanais occupés. Pour que cela ne se reproduise plus il faut bien sûr que les tribunaux soient fermes et clairs. Mais il faut également que nous apprenions à nos compatriotes et aux habitants de ces communes à mieux connaître l'histoire et ne pas écouter l'histoire réinventée. Il faut rappeler que ces territoires sont azerbaïdjanais et qu'il y a eu au total 1 million et demi de réfugiés et personnes déplacées qui ont dû abandonner tout ce qui était leur vie pour aller essayer de se réinstaller ailleurs en Azerbaïdjan. Il faut rappeler que les Azerbaïdjanais sont victimes d'un véritable génocide. C'est pour ça que tous les ans nous commémorons le génocide de Khodjaly. Notre association fait de son mieux pour rétablir la vérité et faire comprendre qu'elle est véritable histoire de l'Azerbaïdjan à nos compatriotes.

-Comment évaluez-vous les efforts de la France en vue de régler le conflit arméno-azerbaïdjanais du Haut-Karabakh?

La France joue un rôle dans la résolution de ce conflit. D'abord parce qu'elle est l'une des coprésidents avec les Etats-Unis et la Russie du Groupe de Minsk qui était mis en place pour chercher comment parvenir à une paix juste et durable. D'autre part, parce que la France a d'excellent rapport avec l'Azerbaïdjan, mais aussi de très bon rapport avec l'Arménie. Il est important qu'au sein du Groupe de Minsk, notamment la France, fasse de nouveaux efforts pour essayer de proposer d'un certain nombre de solutions à deux pays. Ensuite, il faut trouver un certain nombre de solutions positives pour arriver à la signature d'une paix juste et durable. C'est aussi le rôle de la France. Il est indispensable pour un pays comme l'Arménie qui connaît une situation économique extrêmement difficile. 

Gunel Ibrahimova, Ilkin Najafzadé

Azvision.az


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