Trump recule sur sa menace de fermer la frontière, donne un an au Mexique

  05 Avril 2019    Lu: 548
Trump recule sur sa menace de fermer la frontière, donne un an au Mexique

Le président américain Donald Trump a abandonné jeudi sa menace de fermer la frontière avec le Mexique, jugeant que son voisin du sud avait fait des efforts ces derniers jours contre l'immigration clandestine.

Tout en éloignant le spectre d'une décision aux conséquences économiques potentiellement désastreuses pour les deux pays, le milliardaire américain a ouvert un nouveau front en menaçant d'utiliser l'arme commerciale pour forcer la main de Mexico.

« Nous avons besoin du mur, mais nous avons besoin de beaucoup d'autres choses », a mis en garde M. Trump à la veille de son déplacement à Calexico, petite ville frontalière située à quelque 300 km au sud-est de Los Angeles.

« Si le Mexique ne veut pas aider, pas de problème, nous imposerons des tarifs douaniers sur leurs voitures qui arrivent aux États-Unis », a-t-il ajouté.  

« Je le ferai, ce n'est pas un jeu, je le ferai », a-t-il encore dit, menaçant. « Je ne pense pas que nous aurons un jour à fermer la frontière », a-t-il poursuivi, jugeant que l'arme tarifaire serait dissuasive.  

Cette annonce a provoqué une vive réaction de Mexico, qui a déploré que Washington mêle les deux sujets.

« Pour le gouvernement mexicain, il est très important de maintenir séparés les thèmes migratoires et commerciaux », a déclaré la ministre mexicaine de l'Économie Graciela Marquez Colin lors d'une conférence de presse.

M. Trump a fait de la lutte contre l'immigration clandestine l'un des sujets centraux de son mandat. Il appelle régulièrement le Mexique à interpeller les migrants originaires d'Amérique centrale - essentiellement du Honduras, du Guatemala et du Salvador - qui transitent sur son sol.

« Impact économique catastrophique »

« Au cours des quatre derniers jours, le Mexique a vraiment fait un travail fantastique à sa frontière sud [...] en arrêtant et reconduisant les gens dans leur pays », a-t-il déclaré jeudi depuis le bureau ovale, y voyant la preuve que sa stratégie de mise en garde était payante.

Depuis plusieurs jours, il soufflait le chaud et le froid sur une éventuelle fermeture de la frontière. Mais cette hypothèse avait été vivement critiquée au sein même de son camp, tant son impact économique serait dévastateur.

« Fermer la frontière pourrait avoir un impact économique catastrophique sur notre pays et j'espère que nous n'allons pas le faire », avait mis en garde en début de semaine le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

La frontière entre la première économie du monde et son troisième partenaire commercial est traversée dans les deux sens, tous les jours, par des centaines de milliers de personnes et par 1,7 milliard de dollars de produits agricoles, industriels et autres biens de consommation.

Depuis la mise en oeuvre d'un accord de libre-échange États-Unis-Mexique-Canada en 1994 (et renégocié l'année dernière à la demande de Donald Trump), des pans entiers des économies de ces trois pays sont totalement imbriqués.  

Le Mexique est la première source de produits agricoles importés aux États-Unis (2,7 millions de tonnes par an). Rares sont les supermarchés au nord de la frontière à ne pas vendre haricots, tomates et autres avocats ; pour le plus grand bonheur des consommateurs américains, qui peuvent ainsi ignorer les saisons au moment de remplir leur assiette.

Agence France-Presse


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