«Des campus, pas des camps»: La Chine défend à l'ONU sa politique au Xinjiang

  15 Mars 2019    Lu: 265
«Des campus, pas des camps»: La Chine défend à l

La Chine a défendu aujourd'hui à l'ONU sa politique dans la région musulmane du Xinjiang, en affirmant que les «camps» où seraient internés des centaines de milliers de Ouïghours, sont en fait des «campus» destinés à les «éduquer».

«Nous sommes fermement opposés au séparatisme ethnique, aux attaques terroristes», a martelé le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Le Yucheng, à la tribune du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à Genève. «La propagation des pensées extrémistes religieuses a alimenté le déchaînement d'actes terroristes», a-t-il ajouté, en affirmant que le programme de «centres de formation professionnelle» pour «déradicaliser (...) les individus qui ont été influencés par des idéologies extrémistes» porte ses fruits.

«Aucun cas de terrorisme violent ne s'est produit depuis 27 mois», s'est félicité le vice-ministre, venu à Genève pour présenter les réponses de son pays aux recommandations formulées en novembre devant le Conseil lors de l'Examen périodique universel (EPU) de la situation des droits humains en Chine. Les Ouïghours musulmans constituent le principal groupe ethnique du Xinjiang (nord-ouest), une immense région qui couvre 1/6e de la Chine et a notamment des frontières avec l'Afghanistan et le Pakistan.

Régulièrement frappée par des attentats meurtriers, attribués par Pékin à des séparatistes ou des islamistes ouïghours, elle fait l'objet d'une haute surveillance policière. Jusqu'à un million de musulmans, surtout des Ouïghours, seraient détenus dans des camps de rééducation politique, selon des experts cités par l'ONU et des organisations de défense des droits humains. «Les centres de formation (...) sont en fait des internats ou des campus d'éducation, pas des camps comme l'affirment quelques personnes mal intentionnées», a répondu Le Yucheng.

Selon lui, les «stagiaires» signent un accord pour «recevoir une éducation et une aide», et jouissent de «tous les droits fondamentaux en accord avec la loi». «Ils peuvent rentrer chez eux régulièrement, téléphoner à leur famille qui peut aussi leur rendre visite», a-t-il poursuivi. Mais sur les 346 recommandations faites par différents pays lors de l'EPU, la Chine en a accepté 284 (82%) et rejeté toutes celles concernant le Xinjiang. «Certaines [recommandations] n'étaient pas fondées ou politiquement biaisées», a expliqué le vice-ministre.

«Des pays ont recommandé que la Chine mette fin à la prétendue détention arbitraire massive. Il s'agit là d'une ingérence sous couvert de droits humains et la Chine s'y oppose fermement», a-t-il ajouté. Le Yucheng a toutefois laissé entrevoir la possibilité que l'internement massif de Ouïghours soit allégé prochainement. «Le programme de formation est une mesure spéciale adoptée par le Xinjiang à un moment donné. Avec l'amélioration de la situation du contre-terrorisme, ce programme sera réduit graduellement, jusqu'à son achèvement.»

Le Figaro


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