Trump s'oppose au retour aux Etats-Unis d'une femme ayant rejoint l'EI

  21 Février 2019    Lu: 590
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Le président américain Donald Trump s'est opposé mercredi au retour aux Etats-Unis d'une femme qui avait rejoint le groupe Etat Islamique (EI) en Syrie, Washington affirmant qu'elle n'était pas américaine, ce que son avocat a immédiatement démenti.

"J'ai ordonné au secrétaire d'Etat Mike Pompeo, et il est complètement d'accord, de ne pas autoriser le retour de Hoda Muthana dans le pays!", a-t-il tweeté peu après un communiqué du chef de la diplomatie assurant que cette dernière n'était pas une citoyenne américaine.

"Elle n'a pas de fondement juridique, ni de passeport américain valide, ni de droit à un passeport, ni aucun visa pour se rendre aux Etats-Unis", a précisé M. Pompeo.

Mais l'avocat de la jeune femme s'est élevé contre cet argument. "Hoda Muthana est née dans le New Jersey en 1994, plusieurs mois après que son père eut cessé d'être diplomate. Elle est citoyenne américaine", a indiqué à l'AFP Me Hassan Shilby, en référence à une règle qui veut que les enfants de diplomates nés aux Etats-Unis pendant qu'il y sont en poste n'acquièrent pas automatiquement la nationalité américaine.

"Elle avait un passeport valide" quand elle est partie en Syrie en 2014 rejoindre les rangs du groupe Etat islamique, a-t-il ajouté.

"Il est possible qu'elle ait enfreint la loi, et si c'est le cas, elle est prête à en payer le prix", a poursuivi l'avocat. "On ne peut pas arriver au point où nous privons tout simplement de nationalité ceux qui ont violé la loi. Ce n'est pas ça, l'Amérique."

Selon un responsable américain, elle n'aurait pas dû détenir ce passeport. "Mme Muthana (...) n'a jamais été une citoyenne américaine", a-t-il précisé.

Le cas de Hoda Muthana intervient au moment où le président américain Donald Trump exhorte les Européens à reprendre leurs centaines de ressortissants détenus par l'alliance arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS) après avoir rejoint les rangs de l'EI, afin de les traduire en justice.

Donald Trump, qui s'est engagé en décembre à retirer les quelques 2.000 militaires américains déployés en Syrie, a répété dimanche qu'il ne souhaitait pas voir "ces combattants de l'EI se répand(re) en Europe" à l'avenir.

Mais les pays européens concernés ont réagi avec tiédeur, craignant notamment une radicalisation au sein des prisons où ils seront détenus à leur retour.


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