Brésil : polémique au sommet de l'Etat sur le rôle d'un fils Bolsonaro

  15 Février 2019    Lu: 618
Brésil : polémique au sommet de l

Le président de la Chambre des députés, Rodrigo Maia, a accusé jeudi le président brésilien Jair Bolsonaro d'utiliser l'un de ses fils pour gérer une crise au sein de son gouvernement, une attaque frontale inédite depuis l'entrée en fonction du chef de l'Etat d'extrême droite.

M. Maia, d'un parti de droite allié au nouveau président, a accusé M. Bolsonaro d"'utiliser l'un de ses fils" pour "demander la démission d'un ministre" plutôt que de "trouver une solution" lui-même.

Au cœur de la tourmente, le ministre du Secrétariat de la présidence, Gustavo Bebianno, ex-chef du parti de Jair Bolsonaro, le Parti social libéral (PSL). Il est soupçonné d'avoir été impliqué dans des candidatures fantômes du PSL lors de la campagne électorale d'octobre pour obtenir abusivement des fonds. M. Bebianno, qui a été l'un des principaux organisateurs de la campagne présidentielle de Jair Bolsonaro, a tenté de minimiser la crise. Il a affirmé avoir parlé plusieurs fois avec le président, alors que celui-ci était hospitalisé jusqu'à mercredi, à Sao Paulo, après une intervention chirurgicale.

Mais Carlos Bolsonaro, l'un des fils du président et conseiller municipal de Rio de Janeiro, a mis le feu aux poudres jeudi en niant dans un Tweet que ces contacts aient eu lieu. Il a même publié sur Twitter un enregistrement dans lequel Jair Bolsonaro explique à un certain "Gustavo" ne pas pouvoir parler d'une question non précisée.

Jair Bolsonaro lui-même a ensuite affirmé que Gustavo Bebianno "mentait" sur leurs contacts. Il a ajouté avoir demandé l'ouverture d'une enquête de police sur son ministre, qui occupe un poste de confiance au palais présidentiel du Planalto, au sujet des fonds de campagne.

Rodrigo Maia a déploré que l'affaire touchant le PSL "devienne une crise au sein du Palais de Planalto", sur la chaîne télévisée GloboNews. "C'est un risque très grand pour un gouvernement qui doit montrer du leadership, de l'unité, parce qu'il est face à des défis importants, à commencer par la réforme des retraites", a-t-il dit.

"Le gouvernement aggrave un problème" et "l'impression que cela donne est que le président utilise son fils pour demander à Bebianno de démissionner. Il est le président de la République, oui ou non? Il n'est plus un député, ni le président d'une association de militaires", a lancé Rodrigo Maia. "Alors s'il y a un problème, il doit trouver la solution, il ne peut pas, de mon point de vue, faire intervenir sa famille, parce que cela crée de l'insécurité".

Gustavo Bebianno a affirmé jeudi qu'il ne démissionnerait pas de son propre chef.

Jair Bolsonaro a pris ses fonctions le 1er janvier après une campagne électorale très axée sur la lutte anticorruption.

Trois de ses quatre fils sont des élus : l'aîné Flavio est sénateur, et actuellement soupçonné de transactions financières illégales. Eduardo est député fédéral. Bien que n'ayant aucune responsabilité au sein du gouvernement, ils sont, avec Carlos, très présents, notamment sur les réseaux sociaux où ils s'expriment abondamment et souvent sans filtre.

AFP


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