Iran: projet de sanctions allemandes contre la compagnie aérienne Mahan

  21 Janvier 2019    Lu: 341
Iran: projet de sanctions allemandes contre la compagnie aérienne Mahan

Le gouvernement allemand veut bannir de ses aéroports la compagnie iranienne Mahan Air, allant au-delà du régime de sanctions adopté par l'Union européenne contre Téhéran pour ses activités présumées d'élimination d'opposants en Europe, a rapporté aujourd'hui la presse allemande.

"L'Office fédéral de l'aviation va suspendre l'autorisation d'exploitation accordée à la compagnie aérienne iranienne Mahan", selon le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung et les médias régionaux NDR et WDR. Le ministère des Affaires étrangères, sondé par le quotidien Süddeutsche Zeitung, a indiqué "ne pas fournir d'informations" sur ses "décisions prises en interne sur des sujets politiques".

La compagnie Mahan, deuxième compagnie iranienne après Iran Air, opère quatre vols hebdomadaires à destination de Düsseldorf et Munich. Mahan Air, basée à Téhéran, avait été placée sur la liste noire américaine fin 2011 pour son soutien matériel et technique présumé à la Force al-Qods, unité d'élite des Gardiens de la révolution islamique, considérée par Washington comme une organisation terroriste.

Le Trésor américain menace depuis mai de sanctions tout pays ou société qui fournirait à 31 avions des deux compagnies aériennes iraniennes des autorisations d'atterrissage ou des services, comme la restauration à bord. Washington, via son ambassadeur à Berlin Richard Grenell, un proche de Donald Trump au verbe haut, exerce une pression quotidienne sur les groupes allemands afin qu'ils quittent l'Iran. Deutsche Bahn, Deutsche Telekom, Daimler ou encore Siemens ont déjà annoncer préférer cesser leurs activités en Iran.

L'Union européenne de son côté a imposé début janvier des sanctions aux services de renseignement iranien et à deux de ses responsables accusés d'être impliqués dans une série de meurtres et de complots visant des dissidents aux Pays-Bas, au Danemark et en France. Ces sanctions européennes, prises à l'unanimité, concernaient le gel des fonds et actifs financiers de deux cadres de la "Direction pour la sécurité intérieure" du renseignement iranien, mais ne visaient pas d'entreprises iraniennes. La justice allemande a également annoncé la semaine dernière l'arrestation d'un conseiller de l'armée, ayant la double nationalité allemande et afghane, soupçonné d'espionnage pour le compte de l'Iran.

AFP


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