Kosovo: le chef de l'ONU appelle "à la retenue", réunion du Conseil de sécurité

  15 Décembre 2018    Lu: 260
Kosovo: le chef de l

Le chef de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé vendredi "toutes les parties concernées à la retenue" après la décision du Kosovo de se doter d'une armée, tandis qu'une réunion d'urgence à huis clos du Conseil de sécurité était organisée à la demande de la Serbie.

Le président serbe Aleksandar Vucic avait plus tôt fustigé cette décision du Kosovo soutenue par les Etats-Unis et appelé à une réunion d'urgence des 15 membres du Conseil de sécurité.

A l'issue de la rencontre, des diplomates ont indiqué que la Russie, soutien de la Serbie, avait demandé qu'une session publique du Conseil de sécurité soit organisée en début de semaine prochaine. Le président serbe pourrait y assister, selon un diplomate qui a précisé que des pays européens étaient réticents à l'idée de tenir une session publique.

Dans un communiqué, Antonio Guterres a indiqué "avoir pris note avec préoccupation" de la décision du Kosovo visant à renforcer ses forces de sécurité.

"La résolution 1244 de 1999 est le seul cadre légal pour une présence internationale de sécurité" au Kosovo et la force de l'Otan KFOR a la charge d'assurer dans ce pays "un environnement sûr et sécurisé", rappelle-t-il.

"Par conséquent, toute restriction à la responsabilité de la KFOR de s'acquitter de ses responsabilités en matière de sécurité serait incompatible avec cette résolution", avertit Antonio Guterres.

Le secrétaire général "appelle toutes les parties concernées à la retenue et à s'abstenir d'actions qui pourraient augmenter les tensions et provoquer un nouveau recul dans le dialogue facilité par l'Union européenne en vue de la normalisation des relations entre Belgrade et Pristina".

Le soutien américain à la création d'une armée au Kosovo survient alors que les Etats-Unis ont demandé en octobre à Antonio Guterres de préparer une stratégie de fin de mission de l'ONU au Kosovo après près de vingt ans de présence.

Sous l'impulsion du conseiller national à la sécurité de Donald Trump, John Bolton, les Etats-Unis, premier contributeur financier à l'ONU, affichent de plus en plus leur volonté d'en finir avec des opérations de paix qui n'ont, selon eux, plus de raison d'être (Kosovo, Sahara occidental, Chypre...).

Romandie


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