Roman Abramovitch se distancie de Runicom

  18 Mai 2018    Lu: 1131
Roman Abramovitch se distancie de Runicom

L'oligarque russe est poursuivi par la Banque européenne de développement (BERD) qui lui réclame le remboursement d'une dette de longue date de Runicom.

Roman Abramovitch est à nouveau à Fribourg vendredi, troisième jour du procès dans lequel il est visé par la Banque européenne de développement (BERD). L'oligarque russe est resté totalement calme alors qu'il passait sur le gril de l'interrogatoire toute la matinée.

La BERD mène une procédure civile contre l'entreprise Gazprom, contre Roman Abramovitch et contre son associé Evgeny Shvidler. Elle réclame des dizaines de millions de francs: le remboursement d'une dette de longue date de la société Runicom, plus des intérêts.

L'enjeu est de déterminer si Roman Abramovitch, qui était propriétaire de Runicom, était impliqué dans la gestion de cette société, et dans le prêt au coeur du litige. Cette firme basée à Fribourg commercialisait le pétrole du groupe Sibneft, groupe alors en mains de l'oligarque avant d'être racheté par Gazprom.

Une société parmi d'autres

«Non», «Je ne sais pas», «Je ne me souviens pas»: ces réponses du multimilliardaire, propriétaire du club anglais de football de Chelsea, rythment les trois premières heures d'audition. «Notre groupe (Sibneft) se composait de plus de cinquante sociétés. L'effectif total était de plus de 65'000 employés. Voilà pourquoi je ne connais pas le détail des affaires», justifie Roman Abramovitch.

Le président du Tribunal Stéphane Raemy, ainsi que les avocats de la BERD, soumettent au Russe divers documents liés à Runicom, notamment un rapport annuel. L'intéressé reconnaît bien sa signature sur ces papiers, mais dit ne pas se souvenir du contexte et du contenu.

Pas d'instructions

Ils lui demandent s'il donnait des instructions à l'administrateur de cette société. Il répond que non, et dit ne pas savoir qui a pu donner des instructions. Peut-être notre département financier, hasarde-t-il.

Le juge et la partie adverse cherchent aussi à savoir si l'oligarque a joué un rôle dans la conclusion de certains contrats, ou encore dans le transfert des actifs de Runicom SA en Suisse vers Runicom Ltd à Gibraltar, effectué avant que Runicom SA soit liquidée. Réponses négatives.

Roman Abramovitch était tout de même directeur de la représentation de Runicom à Moscou, relève un avocat de la BERD. Que faisait-il à ce poste ? «J'étais une sorte d'ambassadeur, c'était une fonction nominative.» Et d'affirmer qu'il ne savait même pas où étaient les locaux, ni même qui avait proposé sa nomination.

Quant au prêt qui est au centre de cette affaire: Roman Abramovitch affirme que c'est seulement lors du premier jugement rendu en Russie qu'il a appris que Runicom l'avait contracté.


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