France: Les grèves et les manifestations font trembler l’économie

  26 Avril 2018    Lu: 2152
France: Les grèves et les manifestations font trembler l’économie

Les grèves et protestations des cheminots, des retraités, des fonctionnaires, des étudiants, des employés du secteur de l’aviation, de l’énergie, de la santé et de la sécurité sociale contre les réformes politiques du gouvernement d’Emmanuel Macron font trembler l’économie.

Selon les informations recueillies par le correspondant de l’agence Anadolu (AA), les grèves et protestations se poursuivent soit de manière régulière soit par intermittence dans les différents secteurs.

Alors que les experts du domaine mettent en garde contre d’importantes pertes économiques pour le pays, les professionnels du secteur du tourisme, de la restauration et du divertissement expriment leur inquiétude face aux annulations des réservations pour cet été.

- Les cheminots et la «privatisation » de la SNCF

La réforme de la SNCF (Société Nationale des Chemins de Fer) consiste à la reprise d’environ 47 milliards d’euros de dette de la SNCF par l’État à partir de 2020, à l’ouverture des chemins de fer à la concurrence et au changement du statut des cheminots. Les grèves contre la réforme de la SNCF ont commencé le 3 avril et les cheminots ont pris la décision de prolonger la grève jusqu’à fin juin. A noter qu’une journée de grève coûterait environ 15 millions d’euros à la SNCF.

- Les retraités manifesteront à trois reprises

La France compte environ 15 millions de retraités. Depuis le 1er janvier, les retraités sont sortis dans les rues à deux reprises pour demander l’annulation de la nouvelle taxe sociale qui leur a été imposée. Une troisième manifestation est prévue pour le 24 juin.

​- Les fonctionnaires contre les politiques d’austérité

La France est le pays qui compte le plus de fonctionnaires parmi les pays européens, soit 5,6 millions de fonctionnaires, et est souvent critiquée pour cette raison.

Le Président français, Emmanuel Macron, a adopté un plan pour 2022 qui permettra de réduire le nombre de fonctionnaires. En effet, le gouvernement souhaite supprimer 120 000 postes de fonctionnaires d’ici 2020.

Les fonctionnaires ont participé aux grèves du 22 mars et du 19 avril et ont annoncé qu’ils se rassembleront une nouvelle fois le 22 mai pour faire entendre leurs voix.

- Air France, la grève des compagnies sans fin

Les pilotes et employés d’Air France réclament des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail. Des revendications pour lesquelles ils ont décidé de se mettre en grève. Ceci a provoqué l’annulation de nombreux vols. Le coût pour la société de onze jours de grève serait d’environ 300 millions d’euros.

- Les employés du secteur de l’énergie et du gaz s’opposent à certaines cotisations

Les employés du secteur de l’énergie et du gaz ont décidé de faire entendre leurs voix au gouvernement en faisant grève durant la période allant d’avril à juin. De nombreux syndicats, dont les employés du secteur énergétique sont membres, ont critiqué le Programme Énergie 2019-2023 et ont appelé à réviser le statut des employés du secteur de l’énergie et du gaz.

- La santé et les hôpitaux

De nombreux hôpitaux du pays ont fermé le 20 mars et ce, durant une journée, leurs services d’urgences afin d’attirer l’attention sur le manque de médecins et d’infirmiers.

- ​Le secteur de l’hygiène est aussi en grève

La plus importante confédération syndicale du pays, la Confédération Générale du Travail (CGT), a appelé l’ensemble des employés du ramassage, du tri et de la destruction des ordures à une grève générale à partir du 3 avril. Une importante participation a été enregistrée principalement à Paris mais aussi à Strasbourg, à Toulouse, à Marseille, à Lyon et à Bordeaux.

​- ​Grèves des services sociaux

Les grévistes des services sociaux s’opposent à la politique d’austérité du gouvernement et critiquent les mauvaises conditions de travail ainsi que l’insuffisance de personnel dans le secteur.

- ​La réforme de l’éducation a poussé les universités dans l’impasse

Le mouvement de protestation, contre la réforme de l’éducation et le système d’entrée dans les universités, adoptée en février, prend de l’ampleur chaque jour.

Les manifestations, qui ont été menées dans plus de cinquante universités et facultés, ont conduit à l’interruption des examens et des cours.

Selon la ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, les blocages des universités et les violences survenues auraient coûté plus d’un million d’euros

​- ​L’impact des grèves et des manifestations sur l’économie

D’après le magazine d’économie, Capital, la production a été interrompue de 15% a cause des grèves et le coût d’une journée de grève a été évalué à environ deux milliards d’euros.

Pour sa part, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, s’est exprimé au sujet des conséquences économiques engendrées par ces grèves et a déclaré: «C’est un impact qui est limité, qu’on ne peut pas mesurer aujourd’hui, mais on voit déjà dans certains secteurs d’activité, dans les réservations d’hôtellerie, dans les transports, dans la présence de touristes que ça commence à avoir un impact». (AA)


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