Arménie: manifestation contre l'ex-président, futur premier ministre

  16 Avril 2018    Lu: 1904
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Un millier de personnes ont manifesté aujourd'hui à Erevan, la capitale arménienne, pour protester contre l'ex-président Serge Sarkissian, proposé au poste de premier ministre aux pouvoirs renforcés après avoir achevé son second et dernier mandat présidentiel. Assis ou allongés sur la route en signe de protestation, les manifestants ont bloqué le trafic sur les rues principales qui mènent au bâtiment du Parlement et aux universités de la capitale, à l'appel du leader de l'opposition Nikol Pachinian, a constaté une journaliste de l'AFP.

"Si des milliers de personnes sortent dans la rue, le changement de régime deviendra une réalité", a lancé M. Pachinian, alors que les manifestants appelaient les conducteurs de bus et les automobilistes à rejoindre le mouvement. Le Parti républicain au pouvoir doit officiellement présenter aujourd'hui au Parlement la candidature de Serge Sarkissian, 63 ans, au poste de premier ministre.

Le vote à l'issue duquel Sarkissian devrait être sans surprise élu à ce poste clé dans cette ex-république soviétique du Caucase est attendu demain. Les protestations secouent Erevan depuis vendredi quand plus de 4.000 personnes sont descendues dans la rue pour dénoncer l'intention de l'ancien président arménien de rester au pouvoir en tant que chef du gouvernement.

"Quelque chose de sans précédent se produit en Arménie: la même personne veut diriger le pays pour la troisième fois consécutive", a déclaré pendant le week-end N. Pachinian. "Nous ne pouvons pas le permettre", a-t-il assuré. Le nouveau président arménien, Armen Sarkissian, qui a le même nom de famille que son prédécesseur sans pour autant avoir de liens de parenté avec lui, a pour sa part prêté serment lundi dernier.

Ses fonctions sont devenues largement protocolaires depuis la révision constitutionnelle de 2015 qui a transformé l'Arménie en république parlementaire, où le pouvoir exécutif réel est entre les mains du premier ministre. L'opposition affirme que cette réforme avait pour unique but de maintenir au pouvoir le prorusse Serge Sarkissian, ancien officier de l'armée, qui occupait le poste de président depuis 2008 après avoir déjà été premier ministre en 2007-2008. 


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