«Good», «bad» et «great»
Le magnat de l`immobilier a tenu un discours que des enfants de 9-10 ans auraient pu comprendre, selon les calculs de la méthode du linguiste Rudolf Flesch et du scientifique J. Peter Kincaid. En 1 minute 30 de discours d`introduction et de conclusion, le moment où les candidats doivent résumer le plus efficacement possible leur message, il n`a utilisé que 7% de mots de plus de trois syllabes.
Le milliardaire a pour habitude d`user et d`abuser de mots courts et simples, comme «good», «bad» et «great» («bons», «méchants», et «génial» en français), pour étayer ses arguments lors de ses discours. Donald Trump a d`ailleurs conclu son intervention à Las Vegas en promettant: «Si je suis élu président, nous allons nous remettre à gagner. Nous allons beaucoup gagner. Et nous allons avoir un pays génial, vraiment génial, encore plus génial qu`auparavant». Il a à l`inverse qualifié pendant la soirée le président syrien Bachar al-Assad de «mec méchant, très méchant» («bad guy, very bad guy» en version originale).
«Donald Trump tente de rassurer son auditoire, en touchant nos instincts politiques primaires. Il répète des mots simples», explique Peter Lawler, professeur de sciences politiques à l`université Berry College, et auteur d`un livre sur la rhétorique politique américaine. «Une certaine frange d`Américains associent la simplicité à l`honnêteté. Ils ne croient plus aux discours trop élaborés, ils les jugent trompeurs», ajoute Matthew Baum, professeur de communication à l`école d`administration Harvard Kennedy School.
«Il y a des dossiers qu`il ne maîtrise pas du tout, mais le public ne s`en émeut pas. Marco Rubio a repris Trump lors du dernier débat, mais son intervention était ennuyeuse. Trump se justifie en disant qu`il engagera les meilleurs experts sur ce sujet quand il sera président», explique Peter Lawler.
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