Dix-sept pays, dont les Etats-Unis, la Russie, l`Arabie saoudite et l`Iran, et trois organisations multilatérales, ONU, UE et Ligue arabe, doivent se réunir pour la troisième fois depuis fin octobre au sein du Groupe international de soutien à la Syrie, dans le cadre du processus diplomatique dit de Vienne qui a accouché le 14 novembre d`une feuille de route pour la Syrie.
Ce document prévoit une rencontre à compter du 1er janvier entre représentants de l`opposition syrienne et du régime de Damas, un gouvernement de transition dans les six mois, des élections dans les 18 mois et un projet de cessez-le-feu après quatre ans et demi d`un terrible conflit qui a fait plus de 250.000 morts et des millions de réfugiés dans les pays voisins et en Europe.
Mais le sort du président Bachar al-Assad demeure le principal obstacle à une sortie de crise.
Le secrétaire d`Etat américain John Kerry était à Moscou mardi pour assurer auprès du président russe Vladimir Poutine, allié de son homologue syrien, que Washington «ne cherchait pas de changement de régime» à Damas.
Alors que M. Kerry est critiqué pour avoir mis de l`eau dans son vin en n`exigeant plus un départ immédiat du président syrien, le porte-parole du département d`Etat John Kirby a réaffirmé jeudi soir qu`«Assad devait partir».
Mais il n`a pas dit quand et a reconnu que le sort de M. Assad ne figurerait pas dans le communiqué final de New York vendredi soir: «Nous ne sommes pas encore prêts, je ne le pense pas, à un engagement par écrit sur des paramètres précis», a concédé le porte-parole de la diplomatie américaine.
Arrivé jeudi soir à New York, John Kerry a rencontré son homologue saoudien Adel al-Jubeir, dont le pays est l`ennemi juré du président syrien. Ryad a réuni la semaine dernière une centaine de groupes d`opposants syriens qui ont accepté de négocier avec le régime de Damas, tout en exigeant le départ de M. Assad dès le début d`une éventuelle période de transition politique.
Le sort d`un seul homme
Signe encore que les lignes évoluent sur l`avenir du chef de l`Etat syrien, le secrétaire général de l`ONU Ban Ki-moon avait jugé mercredi «inacceptable» que «le sort d`un seul homme» puisse bloquer une éventuelle solution politique à la crise.
Le Groupe international de soutien à la Syrie tentera, toute la matinée dans un grand hôtel de New York, de rapprocher les positions entre les alliés de Damas -- Moscou et Téhéran -- et les puissances occidentales et arabes qui appuient les groupes de l`opposition armée et politique.
Jeudi, lors de sa conférence de presse annuelle, le président Poutine a assuré disposer d`un «plan» pour régler le conflit syrien. «Dans ses principaux aspects, il concorde avec celui avancé par les Américains, aussi surprenant que cela puisse paraître», a lancé le chef de l`Etat russe.
Mais la Russie, qui mène depuis le 30 septembre des raids aériens en Syrie, est accusée par les pays occidentaux et arabes de frapper surtout l`opposition modérée qui combat l`armée de Damas plutôt que les jihadistes de l`organisation Etat islamique (EI).
Moscou et Washington s`opposent aussi sur les groupes devant être considérés comme «terroristes», donc exclus a priori du processus politique, et les «modérés» qui pourront y prendre part. La Jordanie, chargée de dresser cette liste, doit rendre compte de ses travaux à New York.
Dans l`après-midi, les ministres se déplaceront de quelques centaines de mètres vers le siège des Nations unies, avec l`objectif d`adopter une résolution du Conseil de sécurité qui entérine et légitime le processus de Vienne. «Le secrétaire d`Etat demeure confiant dans le fait que l`on peut y parvenir», a assuré son porte-parole John Kirby.
Une fois le processus politique enclenché et si un cessez-le-feu est négocié, Américains et Russes espèrent pouvoir se concentrer sur la lutte contre l`EI dont les récents attentats contre un avion de ligne russe au-dessus du Sinaï et à Paris le 13 novembre ont servi d`électrochoc pour les grandes diplomaties mondiales.
Lors d`une tournée en Europe début décembre, John Kerry avait plaidé pour un combat mené «ensemble» entre les Etats-Unis et la Russie, et même l`armée syrienne et l`opposition armée, afin de «détruire» l`EI.
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