L'incroyable retour de Silvio Berlusconi

  26 Janvier 2018    Lu: 1347
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À 81 ans, le Cavaliere repart en campagne. Qu'importe s'il est inéligible : il pourrait bien s'avérer, malgré tout, le grand gagnant des élections législatives italiennes du 4 mars.

On le croyait politiquement fini depuis 2011, lorsque le « bunga bunga » et les marchés financiers le contraignirent à démissionner. On croyait la pierre tombale apposée sur sa carrière politique depuis sa condamnation définitive pour fraude fiscale en 2013. Pourtant, même s'il est inéligible, Berlusconi pourrait bien être le vainqueur politique des législatives du 4 mars.

Son retour est étroitement lié au crépuscule de Matteo Renzi et aux divisions de la gauche. Le jeune « matador », comme l'appelait Angela Merkel, ne s'est pas remis de l'échec du référendum constitutionnel, en 2016. Ni des déboires financiers de son entourage toscan. Matteo Renzi divise. Il est détesté à gauche. Et pour les électeurs de centre-droit qu'il avait pu séduire, le retour au bercail est tentant.

D'où l'incroyable concours de circonstances favorable à Silvio Berlusconi. À 81 ans, le Cavaliere n'a toujours pas d'héritier dans son propre parti, Forza Italia. Il n'est pas éligible, mais son art de faire campagne semble intact. En 1994, sa croisade contre le communisme avait fait mouche. Vingt-quatre ans plus tard, c'est contre le populisme du Mouvement 5 Étoiles (M5E) qu'il part à l'attaque. Lui, le père fondateur du populisme médiatique.

Silvio ou le chaos

Lundi, il était à Bruxelles pour dire aux Européens que le Parti démocrate est affaibli, et que lui seul peut endiguer une victoire du M5E. Il respectera la barre des 3 % de déficits publics. Il sera le garant. Bref, Silvio ou le chaos. Et il a trouvé l'homme qui s'y préparait depuis des mois : Antonio Tajani, président du Parlement européen, son pro-consul à Bruxelles depuis vingt ans, auprès du Parti populaire européen. Pour la première fois, Silvio Berlusconi a publiquement indiqué son nom, hier, comme possible président du Conseil.

Peu importe que son principal allié, Matteo Salvini, leader de la Ligue du Nord, soit plus populiste encore que le M5E. Contre les immigrés, les 3 %, l'euro et la mondialisation. Lié politiquement et financièrement à Moscou, comme le FN. Berlusconi se pose encore en garant. Dans un pays vieillissant, encore sensible aux largesses fiscales d'un expert en la matière.

Peut-il gagner ? La nouvelle loi électorale pousse à la constitution de coalitions pour atteindre le seuil de 40 % déterminant pour gouverner. Les sondages donnent entre 36 % et 39 % pour celle guidée par Berlusconi. Mais avec lui en campagne, tout est possible... Même le retour de l'histoire.


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