Erdogan: "La coopération Turquie-France est vitale pour la paix régionale"

  05 Janvier 2018    Lu: 1963
Erdogan: "La coopération Turquie-France est vitale pour la paix régionale"
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que l’étroite coopération entre la Ankara et Paris est "vitale" pour la paix régionale et mondiale.
Le Chef de l’Etat turc s’est exprimé, vendredi, depuis l’aéroport Ataturk d’Istanbul, où il a tenu une conférence de presse avant son départ pour Paris.

Erdogan est attendu en France dans le cadre d’une visite officielle programmée après l’invitation du président français, Emmanuel Macron.

Le Président turc a d’abord rappelé que les relations diplomatiques entre la Turquie et la France sont vieilles de plus de 5 siècles.

Les deux pays entretiennent d’étroites coopérations sur les questions régionales et internationales.

"Nos approches sont assez similaires. Les évolutions régionales et internationales nécessitent que notre coopération soit davantage étroite et régulière. Nous avons des contacts réguliers et chaleureux avec le Président Macron sur de nombreux sujets. Je donne beaucoup d'importance à cette visite du point de vue d'un partenariat large et fort. Je pense que la coopération Turquie-France est d'une importance vitale pour la paix régionale et mondiale", a-t-il dit.

"Lors de ma visite à Paris, nous allons aborder avec Monsieur Macron, les questions relatives aux coopérations économiques et commerciales, à l'industrie de la défense et à la lutte contre le terrorisme", a-t-il ajouté.

Pour le président turc, la coopération Turquie-France, notamment dans le domaine de l’industrie de la défense, est une priorité.

"Nous sommes disposés à renforcer nos coopérations (avec la France) dans tous les domaines y compris dans les secteurs de l'industrie de la défense et de l'énergie. Je donne une importance particulière à l'industrie de la défense. Notre collaboration avec la France et l'Italie au sujet d'EUROSAM est très très importante. Nous allons en discuter aujourd'hui", a-t-il fait savoir.

En dehors des relations bilatérales, Erdogan souligne l’importance des efforts conjoints entre les deux pays sur les questions régionales et internationales, concernant par exemple la situation à Jérusalem, la Palestine, la Syrie, l’Irak ou encore la Libye.

La France a aussi un rôle à jouer au niveau des relations avec l’Union Européenne (UE), estime-t-il.

"Je pense que la France, qui occupe une position importante au sein de l’UE, peut jouer un rôle essentiel dans nos relations avec l’Union, mais aussi sur des questions comme Chypre", a-t-il dit.

Les relations économiques et commerciales entre nos deux pays sont fortes, a-t-il ensuite poursuivi.

"En 2016, le volume de nos échanges commerciaux était de 13,5 milliards de dollars. Notre objectif est d’atteindre 20 milliards. Nous voulons travailler dans ce sens".

Pour finir ses propos sur la France, Recep Tayyip Erdogan a rappelé que près de 700 mille personnes d’origine turque vivent en France, dont près de la moitié possèdent la double nationalité.

"Nous parlerons aussi de leur intégration. Je vais d’ailleurs rencontrer les représentants de la communauté turque de France", a-t-il informé.

Le Président turc a ensuite commenté le verdict dans le procès de Hakan Atilla, ancien cadre de la banque turque Halkbank, jugé aux Etats-Unis pour "violation de l’embargo américain sur l’Iran".

Il a très sévèrement critiqué le processus judiciaire et les conclusions du tribunal.

"Si la conception américaine de la justice est telle, alors le monde est cuit. Ils doivent d'abord réfléchir sur leur conception de la justice. Une telle conception ne peut exister, surtout si ensuite ils cherchent à donner des leçons de justice au reste du monde", a-t-il dénoncé.

Le Président turc a rappelé que l’ensemble du procès a été conçu et mené pour des objectif politiques, se basant sur les fausses preuves et faux témoignages des membres de l’organisation terroriste FETO, auteur de la tentative de coup d’état repoussée du 15 juillet 2016, dont le leader, Fethullah Gulen, vit aux Etats-Unis depuis 1999.

"Ils ont accueilli dès 1999 les individus qui ont tenté un coup d'état en juillet 2016, ils leur ont alloué des larges terrains aux Etats-Unis, ils ne respectent pas les décisions de notre justice et ils ne prennent pas en compte la centaine de colis remplis de preuves que nous leur avons fait parvenir. Ils ne doivent pas attendre que nous respections leurs décisions. Avec un tel comportement, toutes les règles du droit international, et nos accords bilatéraux dans le domaine de la justice, perdent leur validité. Désormais, le processus se déroulera ainsi", a-t-il ajouté.

Erdogan a jouté que la banque Halkbank n'est absolument pas incriminée ou concernée par ce procès.

Le Chef de l’Etat a ensuite répondu aux questions des journalistes, notamment au sujet de la destitution du Maire de Besiktas (Istanbul) par le ministère de l’Intérieur.

"Si le ministère procède à une destitution, c’est qu’il se base sur des éléments solides et sérieux nécessitant cette mesure", a-t-il simplement commenté, ajoutant que des éléments très sérieux concernant le Maire de Besiktas et certains des conseillers municipaux lui ont été présentés.

Enfin, Erdogan a déclaré que les informations relatives à un remaniement ministériel ne reflètent pas la réalité.

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