Les Russes ne veulent pas de "coup d'Etat" de l'opposition comme en Ukraine

  14 Décembre 2017    Lu: 304
Les Russes ne veulent pas de "coup d'Etat" de l'opposition comme en Ukraine
Vladimir Poutine a expliqué jeudi la marginalisation de l'opposition libérale en Russie par le fait que les Russes ne veulent pas de "coup d'Etat" comme en Ukraine, où le mouvement du Maïdan a abouti au renversement du président prorusse en 2014.
M. Poutine répondait à la question de la vedette de télévision et candidate à la présidentielle de mars Ksenia Sobtchak, qui s'était accréditée en tant que journaliste pour pouvoir poser une question lors de la conférence de presse annuelle du président russe.

Ksenia Sobtchak, qui fait campagne "contre tous" à la présidentielle et dont le père Anatoli, aujourd'hui décédé, est considéré comme le mentor politique de Vladimir Poutine, a interrogé le président sur "l'absence de passation de pouvoir" en Russie et sur les nombreuses entraves dont fait l'objet l'opposition libérale.

"Vous voulez avoir des dizaines de Saakachvili qui courent sur nos places? (...) Que de tels Saakachvili déstabilisent la situation dans le pays? ", a d'abord lancé M. Poutine, dans une référence à l'ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili, qui a entamé une deuxième carrière politique en Ukraine et dont la rivalité avec le président Petro Porochenko a débouché sur une grave crise politique à Kiev ces dernières semaines.

"Vous voulez que nous vivions d'un Maïdan à l'autre? Vous voulez que nous ayons des tentatives de coup d'Etat? Nous avons déjà traversé tout cela", a-t-il déclaré, se référant au putsch manqué de la ligne dure du Parti communiste contre le président Boris Eltsine en août 1991, peu avant la chute de l'URSS.

"Je suis convaincu qu'une majorité de citoyens russes ne le veulent pas et ne le permettront pas", a-t-il ajouté.

Candidat à un quatrième mandat à la présidentielle de mars, Vladimir Poutine a assuré lors de sa conférence de presse souhaiter un système politique "concurrentiel", tout en se défendant d'écarter l'opposition de l'élection.

"Je ne pense pas que cette élection sera honnête. Poutine ne participe à aucun débat et j'ai été forcée de venir ici en tant que journaliste pour pouvoir lui poser une question", a déclaré Ksenia Sobtchak après la conférence de presse. "Le principal objectif de ma campagne sera de frapper à toutes les portes pour parler des choses dont personne ne parle en Russie", a-t-elle ajouté.

La candidate avait interpellé M. Poutine lors de la conférence de presse sur la situation de l'opposition en Russie, qui "soit n'est pas autorisée à participer aux élections, soit fait l'objet d'entraves" de la part des autorités.

"Les gens comprennent que si l'on est opposant en Russie, cela veut dire que l'on va soit être tué, soit condamné, soit il va nous arriver quelque chose dans le même genre", a-t-elle lancé, demandant si le Kremlin "a peur d'une concurrence honnête".

"Le pouvoir n'a peur de personne", lui a rétorqué Vladimir Poutine.

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