L'attente de cette légalisation se ressentait dans la foule qui dansait autour de camions diffusant de la musique à plein volume, vêtue de perruques colorées et d'habits à paillettes. Certains avaient même revêtu une robe de mariée, complète avec la tiare, ou un costume gonflable de dinosaure. Mais en filigrane pointait une certaine frustration devant l'absence de progrès législatif depuis mai sur le mariage homosexuel.
"Beaucoup de gens ne peuvent attendre deux ans", expliquait Joseph Wu, 46 ans, vêtu d'un kilt et d'un turban arc-en-ciel, en couple depuis six ans avec son ami.
"Nous voulons juste avoir la même chose que les couples hétérosexuels", insistait-il, "nous faisons notre service militaire, nous payons les mêmes impôts, pouquoi est-ce que nous ne serions pas traités de la même façon?"
Hino Chen, 29 ans, partageait ce sentiment, espérant en outre voir le gouvernement modifier le Code civil plutôt que passer par une loi séparée autorisant le mariage gay, ce qui resterait selon lui discriminatoire.
Les militants des droits des homosexuels ont protesté le mois dernier lorsqu'un tribunal administratif de Taipei a rejeté la demande d'un couple de lesbiennes qui souhaitaient se marier, au motif qu'elles ne pouvaient la présenter que lorsque ce serait légalement autorisé. Reste que Taïwan est perçue comme l'une des sociétés les plus ouvertes en Asie en ce qui concerne les droits des homosexuels.
Venu exprès de Hong Kong, Benny Chan, 35 ans, s'était habillé en empereur chinois avec une longue robe dorée sans bretelles qu'il n'oserait jamais porter chez lui.
"Hong Kong est plus conservateur, peut-être à cause de l'influence de la Chine", a-t-il confié à l'AFP. "Il n'y a qu'à Taïwan que je peux m'habiller comme cela sans avoir peur de m'exprimer".
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