Face au choc provoqué par ce drame, le Premier ministre Antonio Costa avait appelé les députés à adopter une réforme "consensuelle" pour "éviter de nouvelles catastrophes et relever les défis posés par la revitalisation de l'intérieur du pays et le réaménagement de la forêt".
"Nous ne pouvons pas continuer à réclamer la fin de la monoculture de l'eucalyptus et refuser de freiner son expansion car nous craignons l'impact que cela aura sur l'industrie du papier", qui représente 4,9% des exportations portugaises, avait-il souligné la semaine dernière.
L'opposition de droite a voté contre les textes examinés mercredi mais, à l'issue de négociations menées jusqu'au dernier jour précédant la pause estivale parlementaire, le gouvernement et ses alliés de la gauche radicale sont parvenus à un accord permettant d'adopter de nouvelles règles encadrant les exploitations d'eucalyptus.
Ces dispositions prévoient notamment un gel, puis une réduction graduelle de la surface totale où les producteurs de bois seront autorisés à replanter des eucalyptus.
Les deux autres textes adoptés mercredi concernent le renforcement des mesures de prévention contre les incendies et la création d'un cadastre simplifié. Le projet d'une banque de terres publique, qui regrouperait les parcelles dont le propriétaire n'est pas connu, a été rejeté.
Selon les données les plus récentes de l'Institut pour la conservation de la nature et des forêts (ICNF), l'eucalyptus représente la première espèce forestière au Portugal, occupant en 2010 une surface de 812.000 hectares, en hausse de 13% par rapport à 1995.
Souvent mal entretenues, y compris aux abords des villages et des axes routiers, ces étendues d'eucalyptus sont régulièrement citées parmi les facteurs favorisant les feux de forêt qui frappent le Portugal chaque année, brûlant en moyenne près de 100.000 hectares de végétation.
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