Irak: Une militante offre un refuge aux esclaves de l'EI
Terres des femmes
«Nous avons réussi à ouvrir ces refuges dans la partie libérée de Mossoul il y a seulement quelques mois», affirme Yanar Mohammed, 56 ans, co-fondatrice et présidente de l'Organisation pour la liberté des femmes en Irak (OWFI).
«Ils hébergent actuellement 33 femmes qui se sont échappées de l'EI ou qui se trouvent seules après que l'EI a été chassée de la ville», raconte-t-elle, dans un entretien à l'ats.
La militante irako-canadienne était de passage en Suisse, invitée par Terres des Femmes Suisse pour un cycle de conférences.
Depuis 2013, son ONG concentre son action notamment dans les régions occupées par l'EI, dont Mossoul, deuxième ville d'Irak. Dans l'ouest du pays, des milliers de jeunes femmes ont été enlevées par les djihadistes qui en ont fait leurs esclaves sexuelles.
Soumises à des viols collectifs et vendues à plusieurs reprises, «certaines sont enceintes ou ont des enfants, dans la plupart des cas sans savoir qui est le père». «Il arrive souvent qu'une femme soit violée dans une maison de divertissement de l'EI par plusieurs hommes durant la même nuit», souligne-t-elle.
Crimes d'honneur
«Et, dans la société irakienne, une femme avec un enfant dont le père n'est pas connu n'a pas d'avenir», poursuit la militante. Elle est rejetée par sa famille et risque d'être tuée. Ces abris sont «les seuls endroits sûrs où ces femmes peuvent se rendre pour échapper aux crimes d'honneur».
«Nous essayons de les faire se sentir comme dans une famille qui les protège et de leur redonner leur dignité. Nous répondons à leurs besoins comme le ferait une mère pour sa fille», raconte Mme Mohammed.
Gérés uniquement par des femmes, les centres sécurisés sont gardés secrets car ils sont illégaux aux yeux du gouvernement irakien. Leur adresse n'est pas connue: seul un petit nombre de personnes de l'OWFI connaît leur emplacement.






