L'Otan encore indécise sur son adhésion à la coalition anti-EI

  24 Mai 2017    Lu: 1057
L'Otan encore indécise sur son adhésion à la coalition anti-EI
Les 28 alliés de l'Otan s'interrogeaient toujours mercredi, à la veille d'une rencontre de leurs dirigeants à Bruxelles, sur l'opportunité de faire adhérer l'Alliance atlantique en tant que telle au sein de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI), a admis le secrétaire général de l'organisation, Jens Stoltenberg, excluant toute participation à une opération de combat.

L'un des enjeux de cette "réunion spéciale" des chefs d'Etat et de gouvernement des 28 pays membres (plus le Monténégro, qui devrait adhérer début juin) sera de voir comment l'Otan, une Alliance militaire créée pour assurer la défense collective de ses membres, peut renforcer son rôle dans la lutte contre le terrorisme.

"Nous discutons toujours (pour savoir) si l'Otan doit devenir un membre à part entière de la coalition", a affirmé M. Stoltenberg lors d'une conférence de presse, rappelant que les 28 Etats membres en faisaient partie à titre individuel.

L'Otan fournit actuellement un soutien limité à la coalition - active en Irak et en Syrie -, sous la forme d'avions-radar Awacs qui opèrent depuis l'espace aérien turc et au-dessus de la mer Méditerranée "pour rendre les cieux (de la région) plus sûrs", selon l'expression du secrétaire général. Certains alliés - dont les Pays-Bas - fournissent aussi ponctuellement des avions-ravitailleurs capables d'allonger les durées de vols des Awacs de l'Otan. Et des instructeurs des pays de l'Otan ont entrepris de dispenser des formations aux militaires irakiens, principalement en Jordanie et dans une moindre mesure en Irak-même.

Deux arguments pour le oui
M. Stoltenberg a cité deux arguments utilisés par les partisans d'une adhésion de l'Otan à la coalition, Etats-unis en tête. L'un est politique: démontrer l'"unité" des alliés dans la lutte contre le terrorisme, alors qu'un nouvel attentat revendiqué par l'EI (alias Daech, selon son acronyme arabe) a fait lundi soir 22 morts à Manchester (Grande-Bretagne), a-t-il expliqué.

Et l'autre "pratique", l'Otan étant selon lui, "une meilleure plate-forme pour coordonner les activités de l'Otan, des Etats-membres et des pays partenaires dans la lutte contre le terrorisme".

Pas d'intervention militaire
M. Stoltenberg a toutefois exclu toute participation de l'Otan à une opération de combat contre Daech. "Il n'y a eu aucune demande (de la part des Etats-Unis) pour un rôle de combat" de l'Otan dans la lutte contre l'EI, "aucune discussion du tout". "C'est hors de question", a-t-il souligné.

Le secrétaire général a par contre insisté sur la mission d'"entraînement, de conseil et d'assistance" que l'Otan pourrait développer en Irak - à l'image de ce qu'elle fait de longue date en Afghanistan.

"Sur le long terme, il est plus durable que nous rendions plus efficaces les forces et les institutions locales pour défendre leur propre pays et combattre elles-mêmes le terrorisme", a-t-il expliqué. Avant d'ajouter "aussi longtemps que nécessaire".

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