Non seulement les conservateurs ont marqué des points sur le Labour dans leurs fiefs populaires, mais ils ont siphonné de façon spectaculaire les voix du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP ; extrême droite). Ce dernier, qui avait obtenu presque quatre millions de voix aux législatives de 2015, semble avoir été « tué » par le triomphe de sa revendication quasi unique : la sortie de l’Union européenne (UE).
Une habileté d’inspiration populiste
Fait majeur pour la suite, Mme May, qui n’avait pas fait campagne pour la sortie de l’UE, semble avoir transformé les tories en parti du Brexit. Le divorce avec le continent, enclenché à la fin mars, sert désormais de point de ralliement aux électeurs convaincus par la formule de communiquant qui sature sa campagne : elle seule possède le « leadership fort et stable » capable d’arracher aux Vingt-Sept « le meilleur accord » pour le Royaume-Uni.
Avec une habileté d’inspiration populiste, se posant en championne du Brexit, elle a retourné à son profit le compte rendu publié quelques jours plus tôt par la Frankfurter Allgemeine Zeitung de son calamiteux dîner avec les négociateurs de l’UE.
Recevant à Downing Street, le 26 avril, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, elle avait fait montre d’irréalisme et d’une méconnaissance des dossiers européens. En accusant Bruxelles d’avoir organisé cette fuite pour peser sur les élections britanniques, elle a manifesté un certain degré de paranoïa mais elle a surtout galvanisé les électeurs.
Le Monde
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