C'est une étape supplémentaire et incontournable pour que le camp européen soit légalement prêt à négocier avec Londres: la présentation du «mandat» des négociateurs de l'UE.
«Maintenant que nous avons le cadre politique dans lequel la Commission va négocier l'article 50 (du Traité de Lisbonne, prévoyant une sortie de l'UE) au nom des 27, le négociateur en chef Michel Barnier (...) va présenter l'instrument juridique qui traduira ce cadre politique en un outil spécifique pour les négociations», a expliqué mardi un porte-parole de la Commission.
Michel Barnier doit détailler ses directives lors d'une conférence de presse à 11h00. Le Français espère boucler les négociations d'ici octobre 2018, afin que le Parlement européen puisse voter l'accord trouvé dans les temps avant la date prévue du retrait du Royaume-Uni, le 29 mars 2019.
Trois dossiers-clés
Les recommandations de la Commission, selon un projet consulté par l'AFP, poussent à demander une garantie de leurs droits actuels à vie pour les citoyens de l'UE vivant depuis cinq ans au Royaume-Uni, soit environ trois millions de personnes.
Elles font écho aux trois dossiers-clés identifiés par les Etats membres qui devront être résolus avant toute discussion sur un futur accord commercial: les citoyens, les comptes à solder et le cas de la frontière entre l'Irlande du Nord, province britannique, et l'Irlande.
L'UE exige de Londres qu'elle paie une «facture», évaluée entre 40 et 60 milliards d'euros, une somme que les Britanniques estiment ne pas devoir payer. Dans un souci de transparence, la Commission va publier ces recommandations, qui devront ensuite être adoptées par les Etats membres.
Atmosphère tendue
L'UE sera alors prête pour entamer les discussions avec le Royaume-Uni, à l'issue des élections législatives britanniques du 8 juin convoquées par la Première ministre Theresa May, en quête d'une majorité politique sans faille.
Ce processus se déroule dans une atmosphère politique qui s'est tendue au cours du week-end. Mme May souhaite que les discussions sur l'accord commercial et les conditions du divorce se déroulent en parallèle, contrairement au président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker qui note que certains à Londres «sous-estiment les difficultés techniques» que l'UE doit surmonter.
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