Après 10 jours d'une campagne à couteaux tirés entre les deux tours de la présidentielle, Emmanuel Macron reste en tête dans les sondages, aux alentours de 60% d'intentions de vote, mais l'écart semble se resserrer avec Marine Le Pen, très offensive.
La question de l'abstention
L'abstention, dont beaucoup craignent qu'elle ne profite à l'extrême droite, oscillerait entre 22 et 28% dimanche, tandis que 18% des personnes certaines ou quasi certaines d'aller voter sont indécises, selon un sondage Elabe mardi.
La disqualification du héraut de la gauche antilibérale Jean-Luc Mélenchon et du conservateur François Fillon, au premier tour, a laissé un goût amer à une cohorte d'électeurs qui refusent de choisir entre «peste et choléra».
La candidate d'extrême droite n'a eu de cesse de courtiser les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, dont moins de 20% devraient se tourner vers elle tandis que près la moitié devrait se reporter sur Emmanuel Macron au second tour, selon plusieurs sondages. Quant à l'électorat de François Fillon, un quart à un tiers devrait voter Marine Le Pen et moins de la moitié pour Emmanuel Macron.
«Corps-à-corps»
Pour le face-à-face de mercredi, Emmanuel Macron, 39 ans, dont c'est la première campagne électorale, a promis un «corps-à-corps» avec son adversaire d'extrême droite qui «porte un projet que je considère comme dangereux».
«Je veux aller au corps-à-corps, au combat sur le fond des idées, pour démontrer que ce sont de fausses solutions», a lancé mardi l'ancien ministre de l'Economie, nouveau venu en politique au programme social-libéral et pro-européen.
L'euro, thème-clé
Selon son entourage, face à l'argumentaire «assez simpliste» du Front national (FN), il s'agira de «mettre en avant le flou du programme, comme cette reculade totale sur la sortie de l'euro», qui ne figure plus au premier rang des priorités de la candidate, alors que la majorité des Français sont hostiles à un abandon de la monnaie unique.
Marine Le Pen, elle, a attaqué dès mardi sur Twitter celui qu'elle dépeint en «adversaire du peuple» et héritier de l'impopulaire président socialiste sortant François Hollande: si M. Macron «ne se sent pas à l'aise» dans le débat, «il peut toujours demander à François Hollande de venir lui tenir la main», a ironisé la candidate FN, femme politique expérimentée rompue aux joutes verbales.
Un moment fort depuis 1974
Le débat télévisé, tel celui qui opposera mercredi soir les deux adversaires, constitue depuis 1974 un moment fort des campagnes présidentielles en France où, au-delà des projets, les personnalités apparaissent au grand jour.
Les deux rivaux devraient croiser le fer mercredi sur la place de la France dans l'Union européenne et la zone euro, mais aussi sur la sécurité, le marché du travail et l'éducation.
Leur programme est diamétralement opposé. Le discours d'Emmanuel Macron, libéral en termes d'économie et de société, plaît surtout aux jeunes urbains, aux classes moyennes et aux milieux d'affaires. Celui de Marine Le Pen, anti-immigration, anti-Europe et anti-système, séduit les classes populaires, les ruraux, les «invisibles» et capte le ras-le-bol de Français victimes d'un chômage endémique et de ses conséquences.
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