On connaît Montgeron comme dernière ville départ du prochain tour de France. A partir de ce mardi, la commune sera aussi réputée pour accueillir l’arrivée de la première étape de la marche de 700 km qui va mener Julien Mas, un réalisateur de 34 ans, de Paris à Montpellier (Hérault), où se situe le siège du Refuge, une structure qui vient en aide aux homosexuels rejetés par leur famille. L’idée de ce périple militant est née l’été dernier quand Julien a interviewé l’un des responsables de l’association. « Il disait qu’il y avait de plus en plus de jeunes qui faisaient appel au Refuge, se souvient le réalisateur. Le débat autour du mariage pour tous a fait ressortir l’homophobie chez certaines personnes. »
En 2012, Julien avait déjà travaillé avec l’association pour un documentaire, interrogeant longuement de nombreux homosexuels exclus par leurs proches. Pendant 26 jours, il va donc marcher en moyenne 25 km par jour et traverser une France parfois rurale où le Refuge n’existe pas et où il n’est pas connu. Tout le monde pourra se greffer à ce périple pour dialoguer. Le film « Homosexualité, du rejet au Refuge » ne sera diffusé que dans certaines villes. Car sur les 26 communes traversées, seules six ont répondu favorablement pour organiser cette retransmission. « Ce n’est pas un sujet qui les intéresse », constate le réalisateur.
Pour se préparer, Julien s’est inscrit dans une salle de sport. Il sera hébergé par des sympathisants. Pour cette première journée, il sera ainsi accueilli à Vigneux-sur-Seine par un couple, Serge et Sylvain, qui aide le Refuge depuis de nombreuses années. « Nous avons proposé notre aide et cela s’est fait tout simplement, explique Sylvain. Je trouve l’initiative bonne. Ce n’est pas normal que des parents rejettent des enfants sous prétexte qu’ils sont homosexuels. »
Avec l’expérience, Sylvain analyse la situation : « dans la société, je pense que les mentalités ont évolué. Quand j’étais jeune, j’ai vécu le harcèlement.
Je suis enseignant et je n’ai pas l’impression que les lycéens de maintenant soient plus en proie aux agressions. Dans ma famille, ça avait été plus facile. Je suis fils d’immigrés italiens mais ils avaient plutôt bien pris mon coming out ».
leparisien.fr
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