Jakarta élit son gouverneur sur fond de tensions religieuses

  19 Avril 2017    Lu: 1274
Jakarta élit son gouverneur sur fond de tensions religieuses
Le gouverneur chrétien de Jakarta tente mercredi de décrocher un nouveau mandat dans la capitale indonésienne, malgré un procès pour insulte à l'islam, lors d'un scrutin test pour la tolérance religieuse dans le pays musulman le plus peuplé au monde.

Basuki Tjahaja Purnama, surnommé Ahok, est opposé à l'ancien ministre de l'Education, Anies Baswedan, de confession musulmane. Le résultat du second tour de cette élection s'annonce serré à l'issue d'une campagne marquée par des tensions religieuses exacerbées par la comparution en justice depuis fin 2016 du gouverneur sortant jugé pour blasphème.

Le scrutin est aussi un terrain d'affrontement entre grands acteurs politiques du pays qui considèrent l'influent poste de gouverneur de la capitale de 10 millions d'habitants comme un tremplin pour l'élection présidentielle de 2019.

Quelque 7,2 millions d'électeurs essentiellement musulmans étaient appelés à se rendre aux urnes. Les bureaux de vote ouverts depuis 07H00 (00H00 GMT) ont fermé à 13H00 (06H00 GMT). Plus de 60.000 membres des forces de l'ordre sont mobilisés pour assurer la sécurité.

Ahok, le premier gouverneur non musulman depuis un demi-siècle et le premier issue de la minorité chinoise, va-t-il pouvoir se maintenir à son poste en étant élu? Des estimations provisoires seront publiées dans le courant de la journée.

Il avait accédé automatiquement à cette fonction en 2014, après l'élection à la présidence de son prédécesseur Joko Widodo, dont il était alors l'adjoint déjà très populaire.

Connu pour son franc-parler, Ahok avait déclaré en septembre que l'interprétation par certains oulémas (théologiens musulmans) d'un verset du Coran, selon lequel un musulman ne doit élire qu'un dirigeant musulman, était erronée, provoquant une vague de contestation dans ce pays qui compte près de 90% de musulmans.

Cette déclaration a été instrumentalisée par des islamistes partisans de la ligne dure et des musulmans conservateurs qui ont organisé des manifestations géantes fin 2016 dans la capitale. Le gouverneur a ensuite été inculpé de blasphème, délit pour lequel il risque jusqu'à cinq ans de prison.

Tags:


Fil d'info