Guyane : les barrages ouverts jusqu'à «nouvel ordre»

  14 Avril 2017    Lu: 1132
Guyane : les barrages ouverts jusqu'à «nouvel ordre»
Une légère accalmie aura lieu ce long week-end, en Guyane, après trois semaines de mobilisation sociale, sans précédent.

C'est un bref répit, au milieu d'une crise sans précédent. Après plus de trois semaines de conflit social en Guyane et un fossé croissant entre opposants et partisans des blocages, le collectif «Pou la Gwiyann dékolé» (»Pour que la Guyane décolle») a décidé de lever les barrages «jusqu'à nouvel ordre». Ceux-ci seront tous ouverts, hormis quelques-uns jugés stratégiques, notamment celui du Centre spatial guyanais, vitrine économique du territoire, mais symbole pour les Guyanais des inégalités persistantes. Alors que la Guyane est paralysée depuis plus de trois semaines par un mouvement social qui porte des revendications sécuritaires, économiques et sociales pour permettre le rattrapage de ce territoire d'outre-mer, le collectif a annoncé la tenue d'une nouvelle réunion lundi.
«Tous les barrages sont ouverts, pas levés», a prévenu Mikael Mancée, leader charismatique du mouvement des «500 frères contre la délinquance», dont la particularité est de se déplacer cagoulés. «On peut circuler, en cette période culturelle forte pour la Guyane», a-t-il assuré, soulignant que la mobilisation se poursuivait. Le week-end pascal est, en effet, un moment très suivi par la population guyanaise.

Le collectif, composé de socio-professionnels, d'associations, de syndicats et d'élus, a également refusé qu'une délégation se rende à Paris pour rencontrer François Hollande. L'hypothèse d'une telle délégation avait été évoquée dans l'après-midi, mais elle n'a finalement pas été retenue, pour marquer «la colère de la population vis à vis d'un président qui n'a jamais porté attention à notre égard depuis le début du mouvement», a déclaré un membre du collectif, Youri Antoinette.
Dans la journée, les socio-professionnels avaient expressément demandé «la levée des barrages routiers qui nous divisent», pour «faire perdurer l'esprit du 28 mars (journée d'une mobilisation historique en Guyane, ndlr) et sauver les emplois guyanais». «On est mobilisé, ça ne changera plus jamais, on a soulevé quelque chose qui ne s'arrêtera pas. On est parti pour des mois», a prévenu Mikael Mancée. Le collectif a décidé de se structurer en différents «pôles» pour la suite du mouvement. «On établit des dossiers qui concerneront l'ensemble du territoire, dans tous les domaines», a-t-il expliqué.

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