Quatre bataillons multinationaux de l'Otan et une brigade blindée américaine s'installent sur le flanc oriental de l'Alliance, entre les pays baltes, la Pologne, la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie, en réponse à l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014.
Jeudi, les unités alliées seront accueillies solennellement à Orzysz, dans le nord-est de la Pologne. Mais l'armée qui les reçoit est secouée par des coups de barre violents et une valse de nominations décidés par les conservateurs nationalistes arrivés au pouvoir en octobre 2015.
Les communiqués officiels le confirment: 90 % des responsables au sein de l'état-major et 82 % au QG des forces opérationnelles ont été remplacés. En tout 34 généraux et 484 colonels sont partis.
Selon l'opposition libérale, plus de 30 % du nombre total des généraux ont été limogés ou sont partis à la retraite, dont le chef d'état-major, le chef du commandement interarmes, et ceux de différentes armes, dont les fières forces spéciales.
Le parti Droit et Justice (PiS) est arrivé "avec le désir de se débarrasser de ce qu'il considère comme +la vieille garde+, la génération la plus ancienne. C'est plus qu'une décommunisation" --les changements survenus après la chute du rideau de fer--, déclare à l'AFP l'expert d'un groupe de réflexion international, basé à Varsovie, qui préfère rester anonyme.
Ce chamboulement est souvent attribué au ministre de la Défense Antoni Macierewicz.
Personnalité forte autant que controversée, cet ancien opposant anticommuniste courageux, orateur charismatique, a étonné la Pologne et l'étranger par des déclarations surprenantes à son poste, telles des hypothèses radicales et changeantes sur le crash de l'avion présidentiel polonais à Smolensk ou l'annonce infondée de la vente des bateaux de guerre français Mistral à la Russie par l'Egypte pour un dollar symbolique.
lepoint.fr
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