ONU: pas d'accord sur la Syrie, la Russie met en garde les Etats-Unis

  07 Avril 2017    Lu: 1195
ONU: pas d'accord sur la Syrie, la Russie met en garde les Etats-Unis
Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies ne sont pas parvenus à se mettre d'accord jeudi sur la réponse à apporter à l'attaque chimique présumée en Syrie, juste avant que les Etats-Unis ne frappent le pays.


En marge de la réunion à huis clos du Conseil de sécurité, la Russie avait pourtant mis en garde les Etats-Unis contre une éventuelle intervention militaire contre son allié syrien, affirmant qu'il pourrait y avoir "des conséquences négatives", selon l'ambassadeur russe.

"S'il y a des actions militaires toute la responsabilité sera sur les épaules de ceux qui auront initié une telle entreprise tragique et douteuse", a déclaré l'ambassadeur russe Vladimir Safronkov à la sortie de cette réunion.

Mais cet avertissement n'a pas été entendu: peu après la réunion du Conseil, les Etats-Unis ont tiré 59 missiles contre une base aérienne syrienne, accusant le régime de Bachar al-Assad d'avoir utilisé un agent neurotoxique semblable au gaz sarin lors du bombardement contre la ville de Khan Cheikhoun mardi, qui a fait au moins 86 morts, dont une trentaine d'enfants.

M. Safronkov a dit avoir été "franc" durant la réunion, affirmant devant le Conseil: "Nous devons penser aux conséquences négatives".

"Regardez l'Irak, regardez la Libye", a-t-il dit en référence aux interventions de puissances occidentales dans ces pays qui ont conduit à des années de chaos.

Trois projets de résolution ont été discutés par le Conseil de sécurité mais aucun n'a été approuvé. Des diplomates ont estimé qu'il y aurait probablement un vote vendredi.

France, Etats-Unis et Royaume-Uni avaient poussé pour faire voter les mesures qu'ils proposaient, mais n'ont finalement pas soumis leur projet au vote.

Selon M. Safronkov, la décision de reporter ce vote "ouvre une fenêtre pour davantage de discussions" sur un éventuel compromis.

La Russie, estimant la proposition des trois puissances occidentales "catégoriquement inacceptable", avait soumis son propre projet de résolution.

Et dix membres du Conseil de sécurité, cherchant à éviter un nouvel affrontement entre la Russie et les puissances occidentales, ont également fait circuler un projet de résolution de compromis demandant une enquête sur l'attaque chimique présumée.

L'ambassadeur chinois Liu Jieyi notamment a dit espérer que ce texte de compromis pourrait gagner assez de soutien pour être voté: "Nous l'espérons, la Chine l'espère", a-t-il dit.

A l'issue de la réunion de jeudi après-midi, un diplomate a cependant souligné que les Etats-Unis n'avaient fait preuve "d'aucune flexibilité".

Moscou a déjà utilisé son veto à sept reprises pour bloquer toute action du Conseil de sécurité visant son allié syrien.

L'armée syrienne a nié toute implication dans l'attaque de Khan Cheikhoun.

Le président russe Vladimir Poutine a jugé jeudi "inacceptable" d'accuser sans preuve le régime de Damas d'être responsable de cette attaque chimique présumée.

Romandie

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