La Grèce condamnée pour ne pas avoir protégé des sans-papiers bangladais

  30 Mars 2017    Lu: 737
La Grèce condamnée pour ne pas avoir protégé des sans-papiers bangladais
Des sans-papiers bangladais ont obtenu aujourd'hui la condamnation de la Grèce par la Cour européenne des droits de l'Homme pour ne pas avoir été protégés d'une situation de traite des êtres humains alors qu'ils travaillaient comme cueilleurs de fraises.

Les juges de la CEDH ont estimé à l'unanimité que la Grèce avait manqué à ses obligations de prévenir une situation de traite des êtres humains, de protéger les victimes, d'enquêter efficacement sur les infractions commises et de sanctionner les responsables, dans ce dossier connu en Grèce sous le nom des "fraises ensanglantées".

La Cour avait été saisie par 42 Bangladais, recrutés sans permis de travail pour cueillir des fraises dans une exploitation grecque à Manolada. Leurs employeurs les faisaient travailler dans des conditions physiques extrêmes, sous le contrôle de gardes armés, et les logeaient dans des huttes dépourvues d'eau courante. Quand les saisonniers, majoritairement bangladais, ont réclamé le versement d'arriérés de salaires, un garde armé a ouvert le feu, blessant 30 d'entre eux.

L'affaire des "fraises ensanglantées" de Manolada, dans un pays critiqué internationalement pour l'impunité dont y ont longtemps bénéficié les auteurs de violences xénophobes, avait suscité un vif débat politique en Grèce sur la situation misérable des migrants.

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