À Tokyo, qui n’a connu que sept victimes, les événements du 11 mars 2011 laissent peu de place, peu de traces dans la vie quotidienne. Comme les appels à économiser l’électricité, et même comme les manifestations antinucléaires, très rares désormais, mais régulières dans les années qui ont suivi la catastrophe.
Elles mobilisèrent des milliers d’opposants devant la Diète (le Parlement), où elles permirent l’élection de Taro Yamamoto, figure de proue du mouvement antinucléaire, devenu député de la circonscription de Tokyo en 2013 avec plus de 660 000 voix sans bénéficier de soutien des grands partis.
« On devrait sortir du nucléaire immédiatement »
« Dans ma vie, je ne pense plus à ce qui s’est passé », glisse Kanako Miyazaki, 28 ans, employée d’une entreprise d’optique. Elle qui envisage d’avoir des enfants ne se dit pas spécialement inquiète par la présence de césium détecté dans les contrôles de qualité de l’air dans la capitale. « Je pourrais très bien manger des produits agricoles en provenance de Fukushima. Je fais confiance à l’État qui mesure régulièrement la radioactivité des produits », poursuit-elle.
La jeune femme est pourtant hostile à la politique énergétique du gouvernement qui entend redémarrer les centrales nucléaires mises à l’arrêt après l’accident de Fukushima. « On devrait sortir du nucléaire immédiatement, être précurseur par rapport à d’autres pays », avance Kanako Miyazaki.
Comme elle, nombre d’habitants de Tokyo se déclarent aujourd’hui ouvertement antinucléaires, au point que les partisans de cette énergie osent de moins en moins l’affirmer. Seule question sujette à discussion : savoir s’il faut en sortir tout de suite ou progressivement.
la-croix.com
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