Birmanie: Un conseiller musulman d`Aung San Suu Kyi tué

  30 Janvier 2017    Lu: 1204
Birmanie: Un conseiller musulman d`Aung San Suu Kyi tué
L`homme de 63 ans a été abattu dimanche alors qu`il attendait une voiture à l`extérieur de l`aéroport de Rangoun
La Ligue nationale pour la démocratie (NLD) d`Aung San Suu Kyi a dénoncé l`assassinat politique dimanche de Ko Ni, célèbre avocat musulman, conseiller juridique du parti et connu pour ses discours sur la tolérance religieuse.

De retour d`un voyage avec une délégation gouvernementale, ce dernier, âgé de 63 ans, a été abattu alors qu`il attendait une voiture à l`extérieur de l`aéroport de Rangoun, a expliqué à l`AFP Zaw Htay, porte-parole du président birman.

«Nous dénonçons avec force l`assassinat de Ko Ni qui représente un acte terroriste contre la politique de la NLD», a déclaré le parti dans un communiqué publié dimanche dans la nuit.

«Bang»

Le meurtrier, qui a également tué un chauffeur de taxi qui tentait de l`arrêter, a été par la suite appréhendé par les forces de l`ordre.

«J`ai entendu un `bang`, je pensais que c`était un pneu. Je me suis retourné et là j`ai vu mon père à terre avec mon fils. J`ai hurlé», a raconté Yin Nwe Khaing, la fille de Ko Ni, à une télévision locale. «Beaucoup de gens nous détestent parce que nous avons une religion différente», a-t-elle ensuite ajouté.

La police n`a pour l`instant fourni aucune indication quant aux motifs du meurtre. Les funérailles de Ko Ni auront lieu lundi après-midi.

Perte immense

«Sa perte est immense pour Aung San Suu Kyi et la NLD car il a toujours soutenu le parti et la politique d`Aung San Suu Kyi et servait de conseiller juridique», a ajouté la NLD, qui a pris le pouvoir depuis mars 2016.

Alors que les tensions inter-religieuses sont fortes dans le pays, cet avocat de confession musulmane était une voix plaidant pour davantage de pluralisme et de tolérance religieuse.

Depuis l`ouverture du pays en 2011, les violences contre la communauté musulmane, qui représente moins de 5% de la population, sont récurrentes en Birmanie.

Un «acte épouvantable»

Ma Ba Tha, groupe de moines bouddhistes extrémistes qui se voit comme une vigie contre la menace d`une islamisation de la Birmanie, est accusé d`attiser la haine antimusulmane dans le pays.

Peu de temps après le meurtre de Ko Ni, Yanghee Lee, l`envoyée spéciale pour les Nations unies en Birmanie, qui l`avait rencontré il y a deux semaines, a réagi sur Twitter: «C`est terrible. Aung San Suu Kyi doit faire la lumière sur cette mort».

Josef Benedict, d`Amnesty International, a dénoncé un «acte épouvantable». «Ko Ni était un militant infatigable des droits de l`homme, et sa mort marque la perte d`une voix importante», a-t-il ajouté, estimant que les «autorités devaient envoyer un message clair montrant que cette violence ne serait pas tolérée».

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