La municipalité catalane dirigée par la maire de gauche, Ada Colau, a pris cette mesure pour «commencer à réguler le tourisme», a annoncé la responsable du tourisme, Janet Sanz.
Une cité qui attire les visiteurs, «ce n`est pas un problème tant que cela ne se fait pas au détriment des habitants», a-t-elle souligné. Mais «il y a déjà trop de gens qui se sont vu expulser de leur quartier à cause de la pression immobilière liée au tourisme».
Avant de prendre les commandes de cette cité en juin 2015, Ada Colau, du mouvement Barcelone en commun, soutenu par le parti de gauche radicale Podemos, avait été la fondatrice d`une célèbre plate-forme luttant contre l`expulsion de particuliers surendettés.
En guerre contre Airbnb
Elle a, par ailleurs, déjà commencé à lutter, à coups d`amendes, contre la prolifération des meublés touristiques sans licence, proposés par des plates-formes comme Airbnb et Homeaway.
Barcelone, qui compte 1,6 million d`habitants, est débordé par l`afflux de touristes du monde entier. La ville en a reçu en 2016 une trentaine de millions, selon la municipalité. L`activité touristique génère environ 13% du produit intérieur brut (PIB) de la ville. Mais elle concourt aussi à la très forte hausse des loyers, à la saturation des espaces publics et à des nuisances nocturnes subies par ses habitants.
Dans différents quartiers du centre, on compte davantage de visiteurs que de résidents. La moitié de l`offre de logements touristiques se concentre sur 17% du territoire de Barcelone, selon la mairie.
En 2015, l`attribution de nouvelles licences hôtelières avait d`abord été gelée. Le nouveau plan, adopté avec le soutien des partis de gauche, interdit l`ouverture de nouveaux logements touristiques (hôtels, pensions, appartements, etc.) dans le centre même quand des établissements y cessent leur activité.
Décision critiquée
Dans les quartiers bordant le centre, il ne sera pas possible non plus d`ouvrir de nouveaux hôtels, mais ceux qui ferment pourront être remplacés. Dans le reste de Barcelone, la croissance sera limitée à 11`000 nouveaux lits.
Jeudi les associations d`hôteliers, de commerçants et de restaurateurs avaient jugé que la municipalité faisait ainsi «le choix de la paralysie et du déclin». Un élu municipal conservateur, Jordi Martí, a qualifié ce plan de «mauvais outil» qui «porte préjudice à la ville au présent et peut hypothéquer sérieusement son avenir».
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