Ce n`est pas la controverse qui a eu raison de l`établissement qui servait schnitzel (escalope panée) et bière allemande, mais le manque de clients. Rohman Hidayat, avocat de M. Mulyana, a expliqué que la faible fréquentation du "SoldatenKaffee" n`était pas due à sa thématique. "L`intérêt du public était faible parce qu`il n`est pas situé dans un quartier stratégique", a déclaré M. Hidayat à l`AFP, précisant que le café, qui se trouvait dans un quartier calme et excentré, avait fermé il y a six mois.
Condamnations internationales
M. Mulyana cherche un nouveau lieu plus propice, a-t-il dit sans préciser quand le café rouvrirait. Le "SoldatenKaffee" avait ouvert en 2011 et opéré dans l`indifférence totale jusqu`à la publication en 2013 d`un article sur son existence dans la presse anglophone locale, repris à travers le monde. La multiplication des condamnations internationales avait alors contraint les autorités locales à convoquer le propriétaire, qui avait ensuite fermé son établissement.
En Indonésie, un tel lieu peut rester ouvert contrairement en Europe, où l`apologie du nazisme est interdite dans de nombreux pays. "Ces objets ne sont pas illégaux", a affirmé M. Hidayat. "Ce n`est pas que nous aimons Hitler, mais nous aimons toutes les choses relatives à la Seconde Guerre mondiale."
Des dizaines d`Indonésiens, pour l`essentiel des jeunes, avaient assisté en 2014 à la réouverture du café en uniformes militaires, dont l`un portait un brassard avec une croix gammée. Certains avaient posé pour des photos en tant que "prisonniers de guerre" dans une "salle d`interrogatoire".
Un certain antisémitisme latent peut être observé dans le pays musulman le plus peuplé de la planète. Une des pires insultes est d`y être traité de "yahudi" ("juif") et l`opposition à Israël, avec lequel Jakarta n`entretient pas de relations diplomatiques, fait parfois apparaître des croix gammées dans des manifestations de soutien aux Palestiniens.
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