La croissance de la Chine s`essouffle à nouveau en 2016

  20 Janvier 2017    Lu: 967
La croissance de la Chine s`essouffle à nouveau en 2016
Avec un chiffre de +6,7, la croissance de la Chine est moins forte en 2016, comme l`a annoncé le Bureau national des statistiques.
La Chine a vu sa croissance s`essouffler à nouveau en 2016, malgré le recours à de vieilles recettes de relance (immobilier, dépenses publiques, endettement) alors que la conjoncture devrait encore s`assombrir cette année pour le géant asiatique. Le produit intérieur brut (PIB) de la deuxième économie mondiale a gonflé de 6,7% l`an dernier, sa plus faible croissance depuis 26 ans, a annoncé vendredi le Bureau national des statistiques (BNS).

La croissance chinoise avait déjà trébuché à 6,9% en 2015. Après une croissance de 6,7% sur chacun des trois premiers trimestres de 2016, la Chine a enregistré une légère accélération sur les trois derniers mois de l`année (+6,8%).

Boom de l`immobilier. Le régime communiste aura donc maintenu une relative stabilité sur l`année. Mais à quel prix? Cela repose sur "un gonflement des crédits", s`inquiète Louis Kuijs, du cabinet Oxford Economics, notant que la dette chinoise, publique et privée, dépassait 260% du PIB fin 2016. Cette embardée du crédit, favorisée par des taux accommodants, a alimenté un boom de l`immobilier et une envolée des prix des appartements dans les grandes villes.

Industrie en baisse. Parallèlement, soucieux d`éviter un atterrissage économique brutal, le gouvernement a musclé les dépenses publiques dans les infrastructures: les investissements en capital fixe ont progressé de 8,1% en 2016. Sans toutefois enrayer l`essoufflement de la production industrielle: celle-ci a progressé de 6% sur un an en décembre, ralentissant plus qu`attendu, et très en deçà du rythme d`environ 10% enregistré il y a encore deux ans. L`industrie chinoise est plombée par de colossales surcapacités (sidérurgie, charbon, ciment) et hantée par des sociétés étatiques "zombies" surendettées.

Croissance de 6% ou 6,5%. Face au risque d`éclatement de la bulle immobilière, de nombreuses villes durcissent leurs restrictions sur les achats d`appartements, de quoi entraîner "un ralentissement des investissements dans le secteur" observe Louis Kuijs. Et face à l`envolée des crédits et au danger de défauts de paiement en pagaille, "les autorités semblent insister davantage sur la réduction des risques financiers que sur le maintien d`une croissance supérieure à 6,5%", ajoute-t-il. Certes, les exportateurs pourraient profiter du net affaiblissement du yuan et de la politique du nouveau président Donald Trump pour relancer l`économie américaine. Pour autant, Pékin devrait maintenir son flot d`investissements dans les infrastructures "pour compenser le ralentissement de l`immobilier, mais pas sûr que cela suffise à combler l`écart", prévient Yang Zhao. Le panel d`experts sondés table pour 2017 sur une croissance de 6,5%, deux banques anticipant seulement 6%.

Tags:


Fil d'info