Cette liste de plus de 9000 noms de la scène cinématographique, théâtrale, musicale et littéraire a été rendue publique l`an dernier par plusieurs médias. Nombre de ces artistes avaient exprimé leur soutien aux partis de l`opposition, avaient critiqué ou s`étaient moqués du gouvernement conservateur de la présidente Park Geun-Hye, désormais destituée, ou des anciennes dictatures militaires.
La liste fait figure de Who`s Who du monde artistique de Séoul. Elle comprend l`écrivaine Han Kang, lauréate cette année du Man Booker Prize et le cinéaste Park Chan-wook, réalisateur d`«Old Boy», récompensé par le Grand prix de Cannes en 2004.
Souvenir de la dictature
«Je m`excuse pour la douleur et les souffrances infligées aux artistes privés du soutien de l`Etat en raison de leurs convictions politiques ou idéologiques», a déclaré devant une commission parlementaire la ministre de la Culture, Cho Yoon-Sun.
Mme Cho a été nommée à son poste en septembre. Elle est accusée d`avoir joué un rôle clé dans l`élaboration de cette liste en tant que conseillère de Mme Park en 2014 et 2015, ce qu`elle dément.
Les révélations sur son existence ont scandalisé les artistes sud-coréens et les parlementaires de l`opposition, qui ont évoqué le souvenir des années de dictature militaire, lorsque le monde de l`information, des arts et du spectacle était lourdement censuré.
Un «maccarthysme du XXIe siècle»
«Cette liste ramène notre histoire aux années 1970, relève d`une façon anachronique et anticonstitutionnelle de penser», a dit récemment le Parti démocratique, principale formation de l`opposition, évoquant un «maccarthysme du XXIe siècle».
Mme Park, fille du dictateur défunt Park Chung-Hee qui avait régné d`une main de fer entre 1961 et 1979, a été destituée le 9 décembre par l`Assemblée nationale dans le cadre d`un retentissant scandale de corruption. Elle est accusée de collusion avec son ancienne confidente de l`ombre Choi Soon-Sil, actuellement jugée pour fraude.
La présidente est soupçonnée notamment d`avoir profité de ses relations pour extorquer des sommes astronomiques aux conglomérats sud-coréens. Sa destitution doit encore être validée par la Cour constitutionnelle.
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