Les opérations succèsives du renseignement français
« Je déplore que des éléments qui, non seulement peuvent nuire aux investigations en cours, mais encore être utilisés par ceux que nous combattons, aient pu être diffusés, » lâche sèchement celui qui porte la voix officielle des procédures judiciaires liées au terrorisme.
Quelques jours plus tôt, nombre d’informations ayant trait au démantèlement de cette cellule, réalisé dans la nuit du 19 au 20 novembre, se sont retrouvées dans la presse. On apprend notamment dans L’Obs, dès le 21 novembre, que le « SIAT » a participé à cette enquête. Le SIAT (Service interministériel d’assistance technique) n’est autre que le service des agents infiltrés, dont les missions ne sont pas censées se retrouver dans la presse.
Le même jour, Libération donne des précisions sur cette opération, notamment concernant une histoire de fausse livraison d’armes mise au point par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) pour piéger les présumés terroristes. De son côté, Le Monde indique que des agents infiltrés étaient en contact avec les membres de la cellule de l’EI démantelée, et ce serait grâce à eux que des attaques terroristes multiples, visiblement prévues pour le 1er décembre, n’ont pas eu lieu.
« Le SIAT, c’est comme le Fight Club »
Cette profusion d’informations laisse alors rapidement penser à plusieurs observateurs qu’on assiste à la mise en place d’un savant service après-vente médiatique de l’opération antiterroriste menée conjointement à Marseille et Strasbourg.
« Ils tenaient là un succès, ils ont donc estimé que c’était intéressant de montrer comment cela fonctionne. Et aussi de montrer que ça bosse, » nous indique une source bien au fait des relations entre les services et les journalistes. Cette source estime que la révélation des détails de l’opération est une manœuvre de communication politique et peut mettre en danger la vie de ceux qui œuvrent dans l’ombre.
« Molins s’est énervé parce que les djihadistes se renseignent, et notamment dans la presse, » continue notre source. « D’autant plus que le SIAT a été évoqué. Il faut comprendre que le SIAT c’est comme le Fight Club, on n’en parle pas — surtout si cela risque de mettre en danger les gens qui y travaillent.






