"Allah Akbar!"
Lundi soir, un jeune policier turc, Mevlüt Mert Altintas, a tué de plusieurs balles l`ambassadeur russe à Ankara, Andreï Karlov, affirmant vouloir venger la ville d`Alep, en passe d`être entièrement reprise par le régime syrien avec le soutien de Moscou. Après avoir tiré les coups de feu, le policier a lancé "Allah Akbar" et "n`oubliez pas Alep".
Très vite, cependant, le maire d`Ankara Melih Gökçek et des médias progouvernementaux turcs ont évoqué la piste guléniste, estimant que l`assassinat de l`ambassadeur russe visait à torpiller le réchauffement des relations entre Ankara et Moscou.
Après l`assassinat de l`émissaire russe, M. Gülen, installé aux Etats-Unis depuis la fin des années 90, s`était dit "choqué et profondément attristé". "Je condamne dans les termes les plus forts cet acte odieux de terreur", a-t-il ajouté dans un communiqué publié avant les accusations de M. Cavusoglu.
La bête noire d`Erdogan
Ancien allié du président Erdogan, qui en a fait sa bête noire, M. Gülen est accusé par le gouvernement d`avoir ourdi la tentative de coup d`Etat qui a secoué la Turquie dans la nuit du 15 au 16 juillet dernier.
M. Gülen, qui nie toute implication dans le putsch manqué, est à la tête d`un mouvement appelé "Hizmet" ("service", en turc), qui compte un réseau d`écoles, d`ONG et d`entreprises. Le gouvernement turc considère ce mouvement comme une "organisation terroriste" qu`il a baptisé "FETO".
La Turquie a demandé à plusieurs reprises son extradition aux Etats-Unis, mais les autorités américaines ont jusqu`ici répondu que la décision appartenait à la justice, au grand dam d`Ankara. Après le putsch avorté, les autorités turques ont lancé des vastes purges, notamment dans les rangs de l`armée et de la police.
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