Doonbeg signifie «petite forteresse» en gaélique irlandais, et à maints égards le village a des allures de fief irlandais du président élu américain. En 2014, Trump y a acquis, en périphérie, pour 8,7 millions d`euros, un terrain de golf où il a injecté 53 millions d`euros dans des travaux de rénovation. Le complexe emploie jusqu`à 300 personnes en été -sur les 900 habitants que compte le village- et apporte en outre une manne bienvenue aux boutiques, bars et restaurants de ce coin d`Irlande durement touché par l`austérité.
Si Trump a qualifié cet investissement de «bouchée de pain» -le prix payé pour le complexe est en effet considéré comme particulièrement bas et reflète la crise immobilière qui a frappé le pays-, les habitants de Doonbeg lui en sont très reconnaissants. D`autant plus que le manque d`infrastructures -les routes y sont petites et cahoteuses, les réseaux téléphoniques et internet capricieux- a toujours handicapé la région en matière de développement économique.
Entre espoirs et incertitudes
«C`est extrêmement important pour tout le monde dans le comté de Clare, pas seulement pour Doonbeg», a assuré à l`AFP John O`Dea, président du Doonbeg Community Development, une organisation à but non lucratif dont le but est de promouvoir les commerces dans le village.
L`élection du magnat américain a suscité l`espoir de voir le développement du complexe se poursuivre, avec notamment les promesses de construire une piscine et un centre de conférence. Mais l`annonce de son intention de quitter ses entreprises pour éviter les conflits d`intérêts a semé l`incertitude.
Dans le reste du pays, qui a historiquement des liens étroits avec les Etats-Unis, les réactions à la victoire du conservateur ont été beaucoup moins enthousiastes. «Le monde s`est réveillé mercredi plus sombre, plus effrayant et plus menaçant», a ainsi écrit Pat Leahy, le correspondant politique du «Irish Times», au lendemain de son élection le mardi 8 novembre. «D`abord le Brexit et maintenant Trump. Le monde change rapidement dans des directions que nous allons presque certainement regretter», a-t-il ajouté.
«L`endroit où il faudra être»
Même à Doonbeg, il a suscité quelques tensions lorsqu`en mai il a demandé un permis de construire pour ériger une barrière rocheuse contre l`érosion du littoral afin de protéger son golf. Ses critiques ont souligné l`ironie de voir sa demande comporter une référence aux risques d`inondations provoquées par le changement climatique alors que Donald Trump s`est présenté pendant la campagne comme un climatosceptique.
Après des mois de lutte avec les défenseurs de l`environnement et les autorités locales, il a été contraint de renoncer début décembre à son projet qui devait s`étendre sur trois kilomètres de plage, au profit d`une installation souterraine plus modeste. Ce revers ne devrait cependant pas gâcher la fête le 20 janvier à Doonbeg. Cerise sur le gâteau, les arrières-grands-parents de Mike Pence, le vice-président élu, sont originaires du village.
Pour Suzanne Tubridy, la fille du patron du pub, l`élection de Trump «a vraiment fait connaître Doonbeg». Selon elle, «ce sera l`endroit où il faudra être» lorsque Barack Obama passera le relais à Donald Trump.
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