Mladic, le `boucher des Balkans` à l`heure de la justice
Ses soutiens sont convaincus de la sévérité à venir du Tribunal pénal international pour l`ex-Yougoslavie (TPIY), où les réquisitions débutent lundi.
Pour les victimes des guerres des années 1990, Ratko Mladic, aujourd`hui 74 ans, est loin du défenseur des Serbes que s`emploient à décrire ses admirateurs.
"Ne craignez rien, vous serez évacués en toute sécurité", promettait en juillet 1995 le chef militaire des Serbes de Bosnie aux musulmans fuyant l`enclave de Srebrenica.
Puis les hommes et les adolescents étaient séparés des femmes pour ne plus être revus vivants. Quelque 8.000 ont été assassinés en six jours dans ce que le TPIY considère comme un acte de génocide.
- L`homme du siège de Sarajevo -
Ce n`est pas le seul crime reproché à cet officier yougoslave chargé en juin 1991, alors que la guerre arrive, d`organiser en Croatie les séparatistes serbes de l`éphémère république de Krajina.
Quand le conflit s`étend en Bosnie, en 1992, promu général, il devient l`homme du siège de Sarajevo, où bombes et snipers feront 10.000 morts en trois ans.
Mladic est né 50 ans plus tôt, le 12 mars 1942, une soixantaine de kilomètres plus au sud, à Bozanovici. Il a deux ans quand son père est assassiné par les oustachis croates pronazis.
Le président Slobodan Milosevic, décédé en 2006 à La Haye, incarna la "Grande Serbie"; Radovan Karadzic, condamné par la justice internationale à 40 ans de prison pour génocide, en fut un théoricien fanatique; Mladic en fut un implacable bras armé.
Devant le TPIY, même affaibli par la maladie, il n`a jamais regretté: il n`a fait que "défendre son pays", défendu "la justice de la cause serbe".
Aux yeux de ce militaire massif, tantôt colérique tantôt jovial, "les frontières ont toujours été tracées avec du sang et les États délimités par des tombes".
- `Cynique et sadique` -
En 1995, quand s`achève en Bosnie une guerre qui aura fait 100.000 morts et 2,2 millions de déplacés, Ratko Mladic se retire dans son fief de Han Pijesak, base militaire à moitié enterrée de l`est du pays.
Puis il s`installe à Belgrade, protégé par l`armée. Il est aperçu taillant des rosiers, à la boulangerie, au restaurant, à un match de football. La communauté internationale réclame son extradition. Il entre en clandestinité en 2000.
Malgré la chute de Milosevic, la cavale dure onze ans. Mais ses réseaux sont affaiblis par des arrestations et la Serbie aspire à entrer dans l`Union européenne. Mladic devient un obstacle.
Le 26 mai 2011, Mladic est cueilli chez un cousin, dans le village de Lazarevo (nord). Le président pro-européen Boris Tadic le transfère à La Haye.
Ex-officier yougoslave, le colonel Gajo Petkovic, décrivait lui un homme "cynique et sadique", mené "par la fureur et la brutalité". C`était dès 1994. L`année du suicide à Belgrade de sa fille, Ana Mladic. Un an avant Srebrenica.






